Navimodélisme RC - Webzine de modélisme naval radiocommandé

lundi 1 mai 2017

Accueil Modèles et Kits Voile radiocommandée Vapeur Plans et documentation Radio et équipement moteur Techniques de construction Nouvelles et revue de presse Galerie de photos
  Contact  |  Liens  |  Agenda  |  Plan du site  |  Groupe de discussion  

Péniches et pénichettes

Pénichette 935 - Le principe des structures/L’électricité/Le bloc cuisine

Thierry Jorissens

Le principe

La coque offre un très important volume intérieur, mais bien rempli puisque toutes les pièces de vie ont été reproduites. C’est la partie arrière qui m’a posé le plus de problèmes : il fallait y installer le servo de direction et le système de commande du gouvernail, mais la forme arrondie de la coque entre les murailles et le fond, et la remontée importante du fond à l’arrière (pour laisser la place... à l’hélice !) laissait peu d’espace à cet ensemble sachant que le plancher de la cuisine par exemple, est à 5 mm de la quille à cet endroit. J’ai évidé en réalité les banquettes tribord et arrière, et les meubles de cuisine bâbord, autant pour pouvoir "descendre" l’ensemble à la bonne position, que pour libérer de l’espace à l’arrière droit pour installer un servo de force ordinaire, mais "taille basse".

Le servo taille basse du gouvernail est fixé contre son support intégré au couple 13.
Malgré les apparences, la place qui lui est réservée une fois le bloc cuisine en place est limité !

Agrandir cette image
On peut remarquer les différences entre les plans initiaux du bloc cuisine (voir cet article) et ces plans modifiés : les banquettes et le meuble cuisine sont évidés.

A l’avant, le grand lit est lui aussi évidé, pour laisser une place royale à... la batterie. Le reste des pièces avant n’a pas imposé de réflexion particulière si ce n’est que pour être amovible, il a fallu le scinder en 3 parties (outre le grand lit), puisqu’une partie de la salle de bain à tribord et du petit lit à bâbord sont sous le pont. La solution : le petit lit est collé sous le pont, l’évier de la salle de bain aussi, et le reste, situé entre les ouvertures du pont, est amovible et s’emboite sur ces deux éléments qui lui servent ainsi de guide.

Chaque élément amovible (ou non) est préparé séparément : toutes les pièces de CTP nécessaires à leur construction sont découpées, repérées d’après chaque plan, et stockées dans une boite distincte.
Ici le plan et les pièces du grand lit amovible.

Autres exemples, avec les deux seuls éléments fixes : à gauche, l’évier de la salle de bain, à droite le petit lit.
Ces deux éléments seront collés sous le pont et ne sont pas amovibles.

Au centre, le poste de conduite étant surélevé, il laisse largement assez d’espace sous son plancher pour le moteur, le variateur et le récepteur.

Bien sûr, pour pouvoir admirer les détails du mobilier et des accessoires, les toits sont amovibles... ou ouvrant. En l’occurrence, le toit du poste de conduit est ouvrant, comme dans la vraie pénichette. Puisqu’elle dispose de baies vitrées, ouvrantes également - les portes d’entrée en réalité, l’intérieur est bien visible. Le toit de la cuisine est amovible, et le toit des chambres également. J’ai en cela copié le modèle original présenté dans la revue BM.

Pour les éléments plus compliqués, tels les blocs cuisine ou cabines, ou comme ici, le poste de conduite, plusieurs plans sont dessinés selon plusieurs points de vue. Et le nombre de pièces est sensiblement plus élevé !

Un dernier exemple avec le toit des cabines, toujours le même principe : un ou des plans, et les pièces découpées, repérées et stockées dans "leur" boite !

Il y a donc au final 6 éléments amovibles :
-   Le poste de conduite ;
-   Le toit des cabines ;
-   Le bloc des cabines (couloir, grande chambre - sauf le grand lit - et salle de bains) ;
-   Le grand lit de la grande chambre ;
-   Le toit de la cuisine ;
-   Le bloc de la cuisine.

Deux autres éléments sont fixes dans la coque : le petit lit et l’évier de la salle de bains.

L’électricité

Il fallait pourvoir la plupart de ces éléments en courant pour l’éclairage et les animations. Et j’avais envie de tenter un système qui ne m’obligeait pas à brancher/débrancher des prises et prévoir "du mou" dans les câbles et un rangement pour ceux-ci. Le principe des "sucres" (connecteurs électriques) emboitables est un principe souvent repris, mais j’avais 5 éléments amovibles à alimenter, et pas la place partout pour ce principe (le toit de la cuisine ne s’emboite que de 5 mm et mesure 2 mm d’épaisseur par exemple).

J’ai testé plusieurs systèmes mais avec une idée en tête : des contacts "ressorts" entre les deux parties qui doivent se transmettre le courant. Au final, j’ai utilisé du styrène (plasticard) découpé en autant de petites branches que de contacts voulus, pliées au décapeur à un angle de l’ordre de 80° : cela confère à ces languettes un pouvoir de ressort tout à fait suffisant pour l’usage. J’ai recouvert ces languettes d’un ruban autocollant étamé utilisé dans le modélisme ferroviaire, et j’obtiens ainsi un contacteur à ressort d’autant de points de contact que nécessaire, que je colle dans la partie non amovible. L’autre moitié de cet ensemble est composée de simples morceaux de ruban autocollant étamé collés sur la partie amovible, espacés de la même distance que le sont les languettes ressort. Les photos permettent de comprendre ce système, qui offre en plus l’avantage de laisser une certaine marge d’ajustement dépendant de la largeur des languettes.

Ceci permet d’emboiter/déboiter autant de fois que souhaité les divers sous-ensembles, sans jamais se soucier de câbles ou de fiches. Et le ruban étamé possède une résistance assez incroyable aux frottements !

Le principe des "languettes ressort" en styrène commence par un pliage au décapeur sur un gabarit en bois, du "connecteur" qui sera collé dans la coque.
Selon l’équipement électrique de l’élément amovible que ce futur contacteur devra alimenter en courant, il y a de 3 à 7 contacts, donc languettes.
Pour leur collage dans la coque, elles sont d’abord "encastrées" dans une espèce de petit boitier en bois.

Une fois leur boitier assemblé, les languettes reçoivent une bande étamée autocollante qui les transforme en conductrices de courant.
La partie plane en bois sera collée sous le pont à la verticale de l’emboitement des éléments amovibles : les languettes ressort seront alors "plaquées" (par l’effet... ressort !) contre les bandes étamées collées cette fois sur l’élément amovible.

Bien sûr, avant leur collage sous le pont, les languettes ressort sont équipées des fils électriques adéquats (d’où la nécessité de les repérer par leur couleur, sur le "plan électrique"), soudés sur la partie de la bande étamée qui recouvre les languettes, mais qui se prolonge jusque sur le boitier en bois.
Cela permet de protéger le styrène de la chaleur qui le ferait fondre, si on soudait sur la bande étamée collée sur le styrène, plutôt que sur la bande étamée collée sur le bois.

Dernière étape avant collage sous le pont de ces languettes ressort : la protection des soudures à l’aide de "Liquid Tape Electrical", du caoutchouc isolant applicable au pinceau, spécialement prévu pour l’isolation des contacts électriques, et vendu par Plasti-Dip.

Voici, illustré avec le poste de conduite en cours d’équipement, l’autre partie qui compose le système de connecteurs électriques automatiques.
Flèche rouge : le côté de l’élément amovible, qui se glisse donc verticalement dans la coque, et contre lequel sont collées les bandes étamées qui viendront s’appuyer sur les languettes ressort.
Flèche bleue : sous le poste de conduite, les bandes étamées reçoivent les fils électriques qui se chargeront d’amener le courant jusqu’aux servo et LEDs.

Le bloc cuisine

Il s’emboite à l’arrière de la pénichette, simplement déposé sur 4 petits supports fixés sous le pont, et comprend un coin cuisine et un coin "salon" composé d’une banquette en U autour d’une table. Tous les éléments sont en CPT 2 mm, il n’y a rien de particulier dans la construction de ce bloc d’une seule pièce. Le mobilier et la finition sont par contre plus amusants à fignoler : l’évier est une barquette de fromage, le robinet est en fil d’alu et sa base est la terminaison d’un cordon de capuche d’anorak... L’égouttoir est un morceau de carton ondulé, la gazinière est composée de rondelles de bois pour les brûleurs et de fil de fer de 0,6 mm pour les grilles, de l’alu autocollant brillant et mat décore la porte du four, alors que celle du frigo est du styrène blanc. Les poignées de portes d’armoires sont de l’accastillage prévu à la base pour les boutons de tableau de bord de "Riva"...

Tous les éléments en bois visibles sont plaqués d’acajou autocollant (provenant de chez "BoisSouple") verni, et les coussins des banquettes sont en balsa recouvert de feutrine autocollante. La table est un assemblage d’acajou et de tilleul verni, son entourage est un morceau de ruban étamé autocollant, sa base une étoile à 5 branche taillée dans du CTP 5 mm et garni de 5 petits morceaux de caoutchouc, et le pied est un tube incluant une tige filetée fixée à un écrou sous le plateau de la table d’une part, et sous le plancher du bloc cuisine d’autre part. L’escalier d’accès au poste de conduite est en CTP 2 mm plaqué d’acajou verni.

Le plancher est recouvert d’un "imprimable" représentant une sorte de balatum ou vinyle, au motif "chiné", trouvé sur des sites de vitrines miniatures, et imprimé à la laser couleurs sur du papier photo mat.

Le bloc cuisine en construction, vu à l’envers. Des poids, des équerres et du scotch sont utilisés pour maintenir les pièces pendant le collage.
J’utilise une plaque de verre (provenant d’un vieux scanner) comme plan de travail lors des collages à la colle à bois. Deux avantages : la colle à bois n’y adhère pas et la surface est parfaitement plane.

Dès que la structure du bloc cuisine le permet, je teste son emboitement et ajuste sa hauteur. Quatre guide-support (flèches bleues) permettent de caler cet élément dans la coque.

Toutes les parties visibles du mobilier sont recouvertes de placage d’acajou autocollant.
Quelques baguettes d’acajou font la finition notamment des dossiers des banquettes.

La gazinière (en haut) et le four (en bas) "en kit" : du bois et des LED peintes pour les becs et leurs boutons, du fil de fer pour les grilles, et du styrène recouvert d’alu autocollant pour la porte du four, dont la vitre est simulée par du plastique d’emballage derrière lequel j’ai collé un morceau de Canson noir.

Les boutons du four sont des capuchons de boites de mines de rechange pour porte-mines.
La poignée de la porte est un fil d’alu de 2 mm (fil de fleuriste).

La gazinière est en cours de "montage". Les baguettes chromées (carrés de styrène recouverts d’alu) seront collées au double-face, visible à droite.

L’évier provient d’une barquette de fromage, tandis que l’égouttoir est un morceau de carton ondulé.
Au-dessus, on voit en outre les robinets déjà préparés avec un fil d’alu et un "bouton" de capuche.

L’évier terminé : un rond d’alu marqué au pointeau simule l’évacuation.
Le bouchon est un rond de caoutchouc (provenant d’un bracelet-montre) fait à l’emporte-pièce et relié au robinet par du fil à coudre.

Premier essai de pose de l’ensemble : tout semble correct, il reste à installer les poignées des tiroirs et portes d’armoire.
Les façades de ces meubles sont en styrène recouvert d’acajou ce qui permet d’obtenir un effet de relief conforme visuellement.

La table en kit : le plateau est déjà verni, le pied est taillé, les pièces d’assemblage préparées. On voit aussi les 5 petits pieds en caoutchouc, coupés à l’emporte-pièce dans de la mousse dure (patins anti-glisse d’ordinateur).

La table terminée, prête à boulonner sous le plancher du bloc cuisine.
Le pourtour du plateau a reçu sa baguette chromée de finition, découpée dans du ruban étamé autocollant.

Les banquettes sont des morceaux de balsa, dont les arêtes sont arrondies, recouverts de feutrine autocollante.

Tous les éléments sont en place, les poignées des armoires sont installées (accastillage de Riva), les banquettes sont posées, et la table est boulonnée.
Le sol est recouvert de papier photo mat imprimé d’un motif chiné simulant correctement du vinyle.

Vue d’ensemble du bloc cuisine : deux coussins ont rejoint les banquettes, et plus tard, la table sera décorée d’un plateau de fruits, l’évier d’une bouteille de savon vaisselle et d’un torchon, et quelques accessoires achèveront de donner un peu de vie.
On peut voir au bas de l’image, trois bandes étamées qui transmettront le courant entre la coque, et le toit du bloc cuisine.

Cette photo et la suivante montre le système des languettes ressort pour le bloc cuisine : le collage des languettes dans la coque...

...et le bloc cuisine en place, dont les bandes étamées appuient sur les languettes ressort.