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jeudi 29 juin 2017

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Construction d’une coque en bois

Conception de la charpente (I)
La voie traditionnelle

Albertus

La structure d’une coque est un peu comparable à un squelette constitué d’une épine dorsale (la quille) sur laquelle s’ajustent les côtes (les couples) recouvertes de peau (le bordage)

La charpente axiale du bateau est constituée principalement de l’assemblage de trois éléments : la quille, l’étrave et l’étambot. Pour la réaliser, on préférera les tasseaux de bois dur à du multiplis, simplement pour profiter au maximum du sens des fibres du bois pour l’étanchéité, et de la flexibilité de la pièce ainsi formée.

Le bois dur se trouve en magasin de bricolage : Cambara, Méranti, Hêtre... Il conviendra avant tout d’éviter les bois vrillés en vérifiant leur rectitude. Evitez donc le pin et le sapin qui ont trop tendance à bouger même après un long temps de séchage. Ces tasseaux seront amenés par rabotage aux dimensions de la section de la quille.
-  La Quille : Généralement rectiligne et de section rectangulaire, elle sera découpées aux dimensions de la vue de profil du plan. Son extrémité avant (côté proue) coupée en oblique s’aboutera contre l’étrave, le "bois de bout" sera ainsi protégé par le brion.
-  L’Étrave : Découpée dans le même tasseau que la quille, elle sera effilée sur son bord antérieur afin de fendre les flots. En modélisme simplifié, l’étrave est souvent arrondie au niveau de la quille pour figurer ce que l’on nomme le brion. L’assemblage entre la quille et l’étrave doit être consolidé par une pièce de bois chantournée, venant renforcer l’intérieur de l’angle, et nommée marsouin
-  L’Étambot : Toujours les mêmes tasseaux pour réaliser l’arrière de la charpente, constitué du massif arrière (pièces de bois parallèles à la quille) venant s’abouter contre l’étambot, lui même chevillé au talon de la quille, et lui aussi arrondi pour permettre un débattement libre au safran. Chaque section antérieur des pièces du massif sert d’appui à un couple. Si le bateau est pourvu d’un moteur, un trou doit traverser le massif et l’étambot, pour permettre le passage du tube d’étambot. Différents trucs de construction permettent de faciliter la mise en place de ce tube.
Mise en place du tube d’étambot - 7.4 ko
Mise en place du tube d’étambot
Plutôt que de percer l’étambot à la foreuse après l’assemblage (avec tous les problèmes d’alignement et de longueur de mèche que cela suppose), on peut prévoir un coffrage : étambot et massif en deux parties, entre lesquelles se place le tube, noyé dans de l’araldite. Deux joues mises à fleur viennent ensuite refermer l’ensemble.

-  La Voûte : La partie de la coque en surplomb au dessus du gouvernail se nomme la voûte, et sauf sur les coques à cul pointu ou arrondi, elle se termine par le tableau. En construction traditionnelle, cet ensemble est très complexe à implanter, et se fait notament en s’appuyant sur les couples arrière, alors qu’en construction simplifiée ceux-ci ne sont pas encore mis en place. Par facilité, on n’utilisera qu’une seule allonge de voûte et un tableau en contre-plaqué. Visuellement, après bordage, l’aspect sera malgré cela conforme à la réalité.
-  Assemblage : Toutes les différentes sections de tasseau seront collées entre elles, bien à plat sur le plan (éventuellement protégé). Les assemblages peuvent être renforcés par tétonnage, ou plus simplement par chevillage : après séchage, percer les trous des chevilles dans l’axe de la quille à travers l’arrondi du brion, et par dessous la quille dans l’axe de l’étambot ; insérer en force les chevilles de hêtre légèrement encollées. Le marsouin et l’empilement du massif arrière peuvent aussi être chevillés. Une série de petits tasseaux collés sur la quille constituent des mortaises pour l’implantation renforcée des couples.
-  Finition : Avant de passer à l’assemblage quille/couples, il reste à creuser la rablure dans la quille, l’étrave et l’étambot. On peut utiliser un cutter, une fraise de dentiste, etc. Cette rablure recevra sur l’étrave et l’étambot les extrémités des bordages, alors que sur la quille c’est le galbord qui viendra s’y encastrer sur toute sa longueur. La profondeur et l’angle de dégagement seront donc à adapter en conséquence aux différents endroits.

La rablure - 7 ko
La rablure
Creusée dans la quille, la rablure recevra le premier bordage appelé galbord. Dans l’étrave et l’étambot, les extrémités des bordages pourront être fixés sur des apôtres.

La Bande Molle

Le "bois de bout" de la quille, très poreux, est protégé par le brion de l’étrave, lui même protégé par la bande molle (en feuille de plomb) qui court jusqu’au talon de quille.

Le tube de Jaumière

Dans la voûte, un trou sera percé pour recevoir l’axe du safran. Le pied de cet axe s’appuie sur le sabot de quille. L’arrondi de l’arrière de l’étambot permet la rotation libre du safran.