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vendredi 28 avril 2017

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Le 4 Vents Atao

Le vieillissement et la rouille

Albertus

Depuis quelques années, il est fréquent de voir des modèles réduits présentés dans leur état de travail, alors que la règle était de les présenter dans leur état de sortie du chantier naval. La mode est au réalisme : diversité des détails, vieillissement des peintures et même corrosion. Toutes les échelles ne se prêtent pas à cette interprétation. En dessous du 1/20, la finition devrait toujours être irréprochable, quel que soit le modèle choisi. Il faut aussi réserver ce traitement aux modèles de bateaux qui dans la réalité présentent « normalement » un tel aspect, dû à leurs conditions d’utilisation. Enfin, il faut absolument copier la réalité, car tous les matériaux ne s’oxydent ni ne s’usent de la même façon, suivant leur nature, leur usage et leur emplacement sur le bateau.

On rencontre différentes sortes de traces : l’usure des matériaux, l’écaillage des peintures, la salissure, la rouille. On peut aussi constater sur les bateaux de travail, diverses réparations de fortune effectuées par le patron du bateau...avec les moyens du bord, c’est le cas de le dire ! Une règle est à respecter impérativement : il faut d’abord peindre et finir le bateau de manière impeccable avant de le vieillir. D’autre part, il est prudent de s’entraîner au vieillissement avant « d’attaquer » cette belle maquette qui nous a demandé tant d’efforts, au risque de ruiner des centaines d’heures de travail.

Il ne faut représenter l’usure que des éléments qui souffrent réellement. L’usure d’une poignée de porte à l’échelle 1/15 paraîtrait être un manque de précision dans sa fabrication.

Le bois

Ces panneaux de chalut, particulièrement bien réussis, sont en bois et en cornières plastique. Le bois a été vieilli à la soude caustique, et le tout a été abondamment rouillé. Toutes les chaînes sont en laiton, peintes en noir puis rouillées.

Les panneaux divergeants du chalut, le pont, les diverses planches, les casiers, et autres éléments en bois pourront présenter un fort vieillissement (crevasses, usure) avant peinture, puis patine, salissures et même transfert de rouille quand le bois avoisine le métal oxydé. Le pont est sali par des traces noires aux abords d’un treuil ou d’un fût d’huile, des traces de passage devant les portes du rouf, mais aussi par des taches blanches... merci les mouettes !! Le calfatage des planches du pont d’un chalutier n’a rien à voir avec le calfatage d’un pont de plaisancier. Certaines planches sont défoncées, ont visiblement été remplacées, etc.

Le métal

Sur un bateau de travail, toutes les parties métalliques ont été peintes et repeintes, bien souvent directement sur la rouille. Aux endroits abîmés, la peinture fait des cloques qui laissent suinter des coulées de rouille. Pour imiter les boursouflures, j’ai utilisé (avant peinture) un badigeon de pâte à bois diluée, et pour représenter la rouille, j’ai utilisé... de la rouille. La recette est simple : des tampons de laine de fer mouillés d’eau salée sont mis à sécher et sont pulvérisés quand la rouille apparaît. Une pointe de couteau de la poudre de rouille obtenue peut être incorporée à un pot (Humbrol) de vernis mat incolore. Ce vernis sali sera préféré à de la peinture imitation rouille. Les traces de rouille peuvent aussi être peintes au vernis mat propre ; ensuite la poussière de rouille sera soufflée sur le vernis avant son séchage. Après durcissement, un brossage donnera un aspect rouillé très réaliste.

Les accessoires

Sur un bateau vieilli, tous les éléments doivent être patinés. Les pneus qui servent de défense ont roulé des milliers de km avant d’être suspendus aux pavois ! Il faut donc en user la bande de roulement à l’émeri, et les repeindre en gris, le soleil et le sel les ayant décolorés.

Non seulement les pneus doivent être usés, mais leur fixation doit être conforme à ce qui se fait en réalité. La bande de roulement est toujours percée, et traversée par la corde.

Les treuils doivent être chargés de câbles d’acier galvanisé, préalablement « dézingués » par un bref passage dans de l’acide chlorhydrique (prudence). Après rinçage, on retrouve les câbles rouillés dès le lendemain. L’extérieur de la coque d’un bateau tout rouillé doit être dans un état qui incite à sa mise en cale sèche, et c’est certainement la partie la plus difficile à reproduire. Sous la ligne de flottaison, la carène est ternie par le sel, envahie d’algues et de crustacés. Prudence, ne surtout pas exagérer cet aspect.. Un prochain article sur le ber réaliste du 4 Vents Atao vous en dira plus à ce sujet.

treuil et caisses à poisson

la plage arrière

A la remontée, le filet se réenroule sur les enrouleurs. Le cul du chalut est alors dénoué et tout le poisson se répand sur la plage arrière, retenu par des planches amovibles Les filets sont en éponge de bain, vernis mat

Tout l’arrière du chalutier est protégé par des renforts soudés. Les chocs provoqués par la remontée des panneaux et le frottement du chalut ont fait rouiller la coque et abîmé le plat bord

Le pont, peint en rouge à l’écoline, est patiné à l’acrylique, sali, puis verni mat