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vendredi 22 septembre 2017

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Animations

Un marin automate

Albertus

Pour animer une maquette à grande échelle, tous les modélistes ont un jour rêvé d’installer sur le pont, un ou plusieurs marins automates qui salueraient les badauds (les chalands ! :-) ), qui balayeraient le pont, raccommoderaient les filets etc... ou plus simplement, un chien qui remuerait la queue ! C’est possible, et bien que cela demande de la précision, la réalisation de base est à la portée de tous.

Pour illustrer cet exemple, je me suis procuré un personnage de la gamme Cap-Maquette. Ces marins à monter, en résine, sont composés de 8 pièces : le tronc, la tête et les jambes, les bras et les mains. Plusieurs modèles sont disponibles : barreur, radio, pêcheur, plongeur etc, et s’il est vrai que leur prix est très élevé, leur fini et leur naturel est incomparable avec ce qui est proposé par d’autres marques. Les équipages sont proposés au 1/20, 1/15 et 1/10

J’ai choisi le Radio au 1/10ème et j’ai décidé d’en faire bouger le bras gauche et la tête.

Le corps du marin
Le corps doit être foré du cou jusqu’à l’entre-jambes. Un logement est aménagé dans le dos pour recevoir le mécanisme.
 

-  Des avant-trous sont moulés dans le tronc pour positionner la tête et les bras. Il faut les reforer à travers tout, donc d’un bras à l’autre, et du cou à l’entre-jambe. Il s’agit maintenant d’aménager dans le dos, une place pour y installer le petit mécanisme. A l’aide d’une scie à chantourner à main, je découpe horizontalement dans le dos, juste sous le repli de la veste, jusqu’à la moitié du profil. Ensuite, avec la lame insérée dans le trou des bras, il faut découper sous les bras jusqu’à rejoindre le premier trait de scie. Avec une fraise à fissures, détacher la pièce en coupant entre le col et le capuchon de la veste. A présent, il faut égaliser et creuser la découpe dans le corps, et affiner le couvercle en ne laissant qu’une épaisseur de +/- 3mm de résine.

Le mécanisme
Flèche rouge : en modifiant la position de l’ergot, on modifie la position du bras. Flèche verte : en tirant l’ergot vers la gauche, la tête tourne vers la droite.
 

-  Pour le mécanisme, pas besoin de trucs très compliqués : utiliser des sections de tube en laiton s’emboîtant à frottement doux. Une entaille est aménagée dans le tube qui sert de support, du côté du bras à animer. Par cette entaille passe un ergot fixé au tube qui sert d’axe. Un fin fil de nylon est attaché à cet ergot, et le bras est solidarisé au bout de l’axe, le téton d’origine étant simplement ajusté au diametre intérieur de l’axe. l’autre extrémité du fil descend à travers le personnage, et ressort par l’entrejambe entre les deux jambes. Si on tire sur le fil, l’axe tourne et le bras se leve. Au repos, le bras retombe de lui-même de par son poids.

Notre marin est à présent à même de dire bonjour d’un geste large, ou de présenter un gros poisson en le levant, de manipuler une serpillière, etc.

La tête
-  Pour éviter un statisme trop guindé, la tête va maintenant être animée. Un fil de laiton coudé est enfilé dans un trou foré dans le tube support, dans l’axe vertical du cou. Un trou de même diamètre foré dans la tête permet de la fixer sur le fil. Dans la partie coudée, deux petits trous sont forés. Le premier recoit un mini ressort de rappel, dans l’autre est fixé l’extrémité d’un fin fil de nylon passant lui aussi entre les jambes, mais dont la traction est déviée par un renvoi latéral. Si on tire sr le fil, la tête tourne à droite, au repose la tête revient à sa position, c’est a dire regardant à gauche.

Le marin est a présent à même d’admirer l’horizon sur 90 degrés.

Le moteur
-  Pour assurer la traction sur les fils, on peut utiliser les deux bras d’un servo, ou du fil à mémoire, ou encore les cames d’un plateau qui tourne dans la cale, et qui agissent cycliquement sur les fils tendus à proximité.

A partir de là, vous pouvez développer et améliorer le principe, en utilisant des cames ovales décentrées, des arbres à cames à culbuteurs, des ressorts, des élastiques, des mini-moteurs, des vieux réveils etc.

Autre marin
-  Pour un Barreur, c’est encore plus simple : la roue de barre est rendue facilement fonctionnelle, elle est entraînée par un servo caché dans le tableau de bord, couplé par un cable Y avec le servo de gouvernail. Le marin n’a pas les bras collés au tronc, mais ils y sont fixés par une bande prélevée dans un sac plastique, enroulée à l’épaule et collée à l’omoplate. Cette astuce n’est plus visible après peinture. Les mains sont collées à la barre et quand celle ci-tourne, les bras suivent le mouvement.

Autre animation
-  D’autres choses peuvent être animées sur un bateau. Citons la montée et descente des ancres, ou la mise à l’eau d’une chaloupe au moyen d’un bossoir, etc. Plus original : la descente des tangons d’un chalutier à perches. Les treuils sophistiqués et puissants (les filets gorgés d’eau sont lourds à remonter) seront cachés sous le pont. Mais le" vrai" treuil d’un chalutier à perches (celui qu’on voit sur le pont) peut facilement être animé : pour la mise à l’eau des filets, on bascule les tangons qui soutiennent les perches. La ficelle qui commande le tangon passe verticalement à proximité du treuil sur le pont, à raz du tambour garni de faux câble, puisque c’est ce tambour qui est censé libérer la ficelle en tournant. Si le treuil est conçu pour avoir les tambours tournant librement, il suffira de faire faire un tour mort à la ficelle autour du tambour, avant qu’elle ne monte vers la poulie des tangons.

Animer un treuil non fonctionnel - 6.2 ko
Animer un treuil non fonctionnel
Dans la cale, un treuil à vis sans fin sophistiqué. Le cordage (en rouge) traverse le pont, et tourne un tour mort autour du tambour avant de monter à la poulie du tangon. C’est donc le cordage qui fait tourner le tambour

Le tambour tournera donc, entrainé par la ficelle. C’est l’inverse de ce qui se passe en réalité, mais visuellement cela revient au même. Ainsi, malgré l’animation, on peut utiliser un gros treuil de voiles à bras, ou un treuil à vis sans fin équipé de "plein de fins de course compliqués" , tout ce mécanisme encombrant est caché sous le pont. Le treuil animé peut ainsi être celui de la boîte du kit, sans modification, et on n’est pas obligé d’être hyper doué en fine mécanique pour construire un treuil foncionnel fidèle à l’original

Le corps est foré sur toute sa hauteur et un couvercle est découpé dans le dos. Il faut ensuite creuser la résine et amincir le couvercle pour pouvoir loger le mécanisme


Le mécanisme est en place

Il reste à installer les fils de commande avant de refermer le couvercle

Bras baissé. On tire sur un fil, le bras se lève, on tire sur l’autre, la tête pivote

Le bras retombe de par son propre poids, la tête reprend sa position grâce au petit ressort

Le fil à mémoire

Quand on applique le courant électrique, le fil se rétracte. Si on coupe le circuit, le fil reprend sa dimension originale. Le mouvement est doux et à la portée des débutants. Plus besoin de "fin de course"

Merci à Pro-Rail pour l’animation.

Voilà
-  C’est article a pour but principal de vous faire comprendre qu’avec des astuces on peut réaliser à moindre frais des choses qui paraissent compliquées, sans être particulièrement doué pour la mécanique.

Faites nous part de vos réalisations et de vos trouvailles, et en attendant, bon amusement.