Navimodélisme RC - Webzine de modélisme naval radiocommandé

jeudi 29 juin 2017

Accueil Modèles et Kits Voile radiocommandée Vapeur Plans et documentation Radio et équipement moteur Techniques de construction Nouvelles et revue de presse Galerie de photos
  Contact  |  Liens  |  Agenda  |  Plan du site  |  Groupe de discussion  

Mini-voiliers RC

Connaissez-vous la JAUGINETTE ?

Janot

Le « mini » est en vogue actuellement, tout ce qui est petit, réduit, tout en étant performant, voire sophistiqué, attire incontestablement.

Bien qu’un classe 10, un classe M ou un IOM soient déjà des petits voiliers, au vrai sens du terme, ils restent tout de même encombrants et inaccessibles pour certains.

Règlement Jauginette :

A - Esprit et but de la Jauginette :

Création d’un nouveau type de voilier R.C original, répondant à 7 critères principaux :

1-jauge simple, 2-économique, 3-grande variété de solutions architecturales, 4-construction facile et rapide, 5-transport aisé, 6-performant sur plans d’eau intérieurs, 7-comportement et réactions amusants et spectaculaires.

Son but est de développer la voile R.C., faciliter la verve des novices, encourager la recherche et l’expérimentation, s’amuser, enfin et surtout ne pas se prendre au sérieux !

B - Règles de mesures de construction :

1-Longueur maximum : 50 cm

Sont compris dans cette longueur :

Tous les éléments participant à la flottabilité du voilier (coques, flotteurs), les appendices immobiles (dérive, lest, déflecteurs, etc...) ainsi que les axes d’ailerons ou de foils mobiles. Une tolérance de 5 mm est admise à l’arrière pour les aiguillots de safran ou le tube de jaumière de gouvernail.

Ne sont pas compris dans cette longueur :

Tous les éléments du gréement (bout-dehors, beaupré ou queue de malet y compris) ainsi que tous les ailerons mobiles (pivotant autour d’un axe), gouvernail compris à condition que leur épaisseur ne dépasse pas 10 mm. Tous les éléments (aiguillots ou jaumière de gouvernail exceptés) qui dépassent d’un côté ou de l’autre de cette longueur, doivent être facilement démontables, le voilier étant mesuré sans ceux-ci.

2-Trois fonctions radio maximum :

L’équipement radio n’est donc composé que de 2 ou 3 servos-moteur ou servos-treuil, un récepteur et un ou plusieurs accus sans restriction d’emplacement ou de poids.

Ce paragraphe doit être replacé dans le contexte de l’époque : Cinq fonctions radio devenaient courantes en compétition classe M avec en plus du treuil et du gouvernail, le hale-bas réglable, le pataras réglable et le trimmer de foc. L’auteur, en limitant la radio à trois voies, voulait éviter la surenchère des fonctions en privilégiant la simplicité et l’accessibilité pour tous à cette classe. Aujourd’hui, la simplicité et l’efficacité sont de mise partout, on peut en déduire que ce type d’obligation est superflu, d’autant plus qu’il est difficile de caser plus de deux servos dans ces petites coques !

3-Surface de voilure illimitée :

Aucune restriction sur les gréements utilisés. La propulsion du voilier n’est évidemment assurée que par l’action du vent sur les voiles (ou de ce qui y ressemble) et de l’eau sur la coque.

On peut aussi considérer comme « voiles » les mats ailes, les cylindres à effet Magnus (turbovoiles) et pourquoi pas les éoliennes actionnant une hélice marine !

4-Conception libre :

Multicoques autorisés. Ceux-ci doivent être démontables. Possibilité de modifier la voilure, le gréement, le lest ou la configuration du voilier à tout moment à condition que la coque centrale reste la même.

5-Immatriculation, décoration :

Le sigle de la série est un J muni d’un point et souligné d’un trait ; il doit être disposé obligatoirement sur l’une des voiles en place avec une hauteur minimum de 10 cm.

Le nom du bateau doit être inscrit sur les deux côtés de la coque sur une longueur d’au moins 30 cm afin d’être parfaitement lisible, celui-ci faisant office d’immatriculation. Ce nom devra impérativement se terminer en « ETTE ». Ceci amuse toujours le public et favorise les réactions des néophytes ! Lors de chaque concours, un classement à part sera fait pour les réalisations les plus originales ou les mieux décorées.

C - Règles de course :

Pour l’instant, le règlement de course IYRU modifié par l’IMYRU sera utilisé (le même qu’en classe M), il est envisagé d’en faire un condensé très simplifié pour faciliter la venue des débutants. Seul le parcours ne sera pas spécifiquement triangulaire mais devra utiliser au maximum les possibilités du plan d’eau tout en forçant le régatier à se déplacer (tour du lac par exemple), les régates seront donc du type « bol d’or » (Champex) et non du type « olympique ».

Il est toujours d’actualité aujourd’hui de sortir du « carcan » du parcours en triangle, en se déplaçant, les skippers dynamisent la régate, tant pour eux que pour le public, et les options tactiques n’en sont que plus importantes.

L’esprit de la Jauginette se définit donc en 7 critères principaux :

1-Jauge simple : de ce côté là, il est difficile de faire mieux !

2-Economique : le premier construit (sur plan Eol’) est en C.T.P. 10/10 mm à double bouchain vif, il nous a fallu 100 F de bois environ plus 100F d’accastillage, vernis, colle, etc..., 30 F de toile à voile et 870 F de radio comprenant un émetteur 2 voies, un servo de barre et un servo-treuil à bras soit 1 100 F pour un bateau prêt à naviguer.

Un Micro Magic de base complet coûte environ 200€.

3-Grandes variétés de solutions architecturales : c’est le moins que l’on puisse dire, les cogiteurs fous en auront à cœur joie. Le« J » de Bernard est un trimaran à hydrofoils dont voici les mensurations principales : L. coque 50 cm, Larg. 70 cm, poids complet 900 g, S. voiles 30 dm². Le mien quant à lui est un monocoque classique à double bouchain vif très proche des « micro-cuppers » actuels : L. coque 50 cm, L. hors tout 77 cm, Larg. 22 cm, tirant d’eau : 30 cm, poids complet : 2000 g, S. voilure : 39 dm², lest : 1200 g. Voici donc deux conceptions totalement opposées ; d’autres ont pensé au gréement de cat-boat à Wishbone comme sur les planches à voiles ou au contrepoids envoyé au vent par radio en guise d’équipier mobile !

4-Construction facile et rapide : Une journée pour faire une coque et une semaine pour terminer le bateau complètement c’est une chose possible puisque nous l’avons fait ainsi. Le niveau d’habileté exigé n’est pas supérieur à celui nécessaire au montage d’un petit chalutier par exemple.

5-Transport aisé :Si le bateau peut rester tout monté dans n’importe quelle voiture, il peut aussi se transporter dans un petit sac en métro ou en vélomoteur. (c’est une réflexion de Parisien ! ;+) C’est la liberté d’aller où l’on veut, quand on veut.

6-Performant sur plans d’eau intérieurs : Le facteur vitesse du multicoque de Bernard est de 29 soit une fois et demi supérieur à un classe « M », quant au facteur petit temps, - qui nous intéresse ici - il est sans commune mesure. C’est en quelque sorte une 2 CV munie d’un moteur surpuissant, le tout est de l’empêcher d’aller au tapis !

7-Réactions et comportements amusants et spectaculaires : La légèreté et la surpuissance de l’ensemble ne peuvent qu’être sujet à des réactions spectaculaires et imprévues ! Ce sera tout le plaisir du pilotage que de maîtriser un gréement surtoilé sur une coque sous lestée, avec pour but unique d’être à la limite du départ au lof ou du chavirage, bénéficiant ainsi d’une vitesse maximum. L’allure et la décoration de ces petits monstres participeront également au spectacle.

Cinq chapitres pour les règles de mesure et de construction :

1-Longueur maxi. 50 cm :

Cette longueur de coque étant la seule restriction importante, il fallait bien la choisir, et ce, en fonction des sept critères de base ci-dessus. Notre démarche a été la suivante : La plus petite longueur possible capable d’embarquer un équipement radio de 3 fonctions, de naviguer sans problèmes jusqu’à force 4. Plus court et le volume immergé donc le poids admissible se réduit considérablement, plus long et l’on va à rencontre des critères de base, de plus, 50 cm est un chiffre rond dans notre système métrique ce qui nous change des mesures compliquées des jauges anglo-saxonnes ! Bien entendu, cette longueur ne concerne que les éléments participant à la flottabilité du voilier, certaines parties du gréement devant nécessairement déborder pour permettre l’étalement de la voilure. Les ailerons mobiles aussi ne sont pas compris, c’est-à-dire tout déflecteur, hydrofoil (aile sous-marine) ou autre à condition qu’ils soient, ou commandés par radio, ou suspendus, ou pivotant, et donc manifestement mobiles, ceci pour encourager la recherche dans cette voie passionnante.

2-Trois fonctions radio maxi :

Pour rester à la portée de tous, il va de soi que la troisième fonction radio sera très différemment utilisée selon les goûts et les conceptions de chacun, ou peut être même pas utilisée du tout. (cf commentaire au § B2 )

3-Surface de voilure illimitée :

Une règle primordiale pour libérer l’imagination des constructeurs-skippers. Plus de problèmes de mesures compliquées et de voile hors jauge, la recherche sur les gréements est aussi passionnante et il y a beaucoup à faire. Libérer la surface, c’est libérer la puissance motrice, le tout étant de savoir s’en servir et de la maîtriser !

4-Conception libre :

On peut tout faire à condition de rester dans la longueur, ainsi les risques de sophistication extrême et de course à l’armement avec la limitation de la radio sont éliminés. La confrontation multicoques-monocoques avec ou sans hydrofoils est très attendue !

5-Immatriculation, décoration :

Pas d’immatriculation numérique dans les voiles, elle ne sert que très rarement, et cela prend beaucoup de place. Un nom de bateau est plus joli, plus poétique et surtout plus amusant, surtout lorsqu’il se termine en « ETTE » ! Le sigle de la série est également important pour faire connaître celle-ci. Enfin, la décoration, sur un petit bateau comme celui-ci ne peut être que soignée et originale. Quoi de plus plaisant que de faire un petit bijou très décoratif dans son salon, peu encombrant et capable de faire des compétitions acharnées le week-end !

Les articles de Pascal Delapierre sur les minis voiliers ont eu un écho certain sur le site de Navimodélisme, et l’engouement pour le RG 65 ou le Micro Magic de Graupner démontrent bien qu’un créneau important se doit d’être comblé en voile R.C.

Plusieurs initiatives de création d’une jauge consacrée au ½ m ont déjà eu lieu (au siècle dernier, déjà !) sans jamais rencontrer de grand succès et surtout sans la reconnaissance des fédérations.

Le but de cet article n’est pas de regretter le peu d’empressement des autorités à favoriser une nouvelle classe « populaire », mais de vous présenter un projet de jauge ½ m initié au début des années 1980, par -excusez du peu- le champion du monde classe M de l’époque, Pierre JAHAN.

Je profite d’ailleurs de l’occasion pour le remercier car c’est grâce à lui que j’ai attrapé le virus du VRC !

Dans un premier temps, nous allons vous proposer l’énoncé des règles de cette classe ½ m, appelée Jauginette, qui seront suivis du commentaire explicatif de l’auteur afin de bien vous faire ressentir l’esprit qui animait P. JAHAN et que nous revendiquons encore aujourd’hui.

Les lignes suivantes sont inspirées de l’un de ses articles paru dans la défunte revue de modélisme « Adepte » d’octobre 1979 ( !) mes commentaires sont en italique.

Commentaire :

L’essor de cette nouvelle classe n ’a pas été aussi important qu’on aurait pu le supposer. A cela, nous voyons deux raisons : d’une part, face aux classe M ou 10 la Jauginette a pu apparaître comme le voilier R/C du pauvre, d’autre part, l’esprit qui avait conduit à l’élaboration de cette classe n’a pas été réellement compris.

En fait, la Jauginette c’est à la fois le « dériveur » de début et le « 18 Pieds Australien », un bateau simple à construire, bon marché et amusant pour le néophyte, mais aussi la petite bombe de compétition pour peu que l’on innove.

Il est d’ailleurs assez amusant de constater, alors que l’on entend toujours, ça et là, que finalement les « M » se ressemblent de plus en plus, que ce sont des questions de réglage ou de skipper qui font la différence (en IOM aussi !), et que les mêmes font la moue devant une classe ou l’imagination pourrait vraiment s’éclater !


Si ce type de mini VRC intéresse les lecteurs de Navimod, je me déciderai (sans l’accord du créateur Pierre JAHAN et de EOL’ (qui ne répond pas à mes mails), mais j’espère qu’il ne m’en voudront pas) à publier les plans et la construction de cet excellent voilier qu’est la Jauginette !