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mardi 27 juin 2017

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Mini-voiliers RC

La construction de la Jauginette

Janot

CONSTRUISONS DONC CETTE JAUGINETTE !

La coque :

Sa construction se fait coque retournée sur une planche de CTP ou d’agglo d’au moins 19mm d’épaisseur et de dimensions : 48x26 cm. Le plan N°1 (voir ci dessous) montre la disposition des couples.

Les couples sont découpés dans du CTP 1mm ou 2mm, ou dans du balsa de 3mm.

Seul le n°3 supporte les efforts du mât et de la dérive, il peut donc être le seul à être réalisé en CTP.

Les plans des différents couples sont dans le fichier à télécharger en fin d’article

A chaque feuille est superposée une grille au pas de 1cm, qui permet, en ajustant l’impression, de bien conserver l’échelle. Mais si vous n’arrivez pas exactement aux cotes, ce n’est pas grave !

Le trait horizontal, en haut de chaque couple, représente la ligne de base, soit le dessus du chantier (sauf pour les couples 0 et 5, qui sont vissés à l’extérieur du chantier).

Les évidements des couples 1, 2, 3 et 4 ne doivent pas être découpés complètement afin que ceux-ci ne vrillent pas lors de la construction.

Les couples 0 et 5 sont vissés aux deux extrémités, les couples 1, 2, 3 et 4 sont maintenus par des tasseaux de 10 x 10 mm, inférieurs à leur largeur. Faire bien attention à la symétrie de l’ensemble !

Les couples fixés sur le chantier...

Une fois les couples fixés, on colle les deux serre-bauquières (5x5 mm) et les quatre serres de bouchain (7x3 ou 5x5mm) dans les encoches des couples.

les
les "baguettes" en place
Noter les petits liens en fil de fer et les épingles qui maintiennent ces baguettes sur chaque couple

On prépare ensuite les panneaux de bordage en ctp 10/100 (ou balsa de 1,5mm). A l’aide de patrons en papier fort tracés directement sur l’ébauche de forme, les deux bordés latéraux sont d’abord collés suivis du bordé de fond.

la pose des bordés - 24.9 ko
la pose des bordés
Ne pas économiser les pinces à linge !

Après les avoir arasés, on colle les deux bordés intermédiaires (les faire tenir par des épingles et beaucoup d’élastiques !).

Les collages se font à l’époxy deux composants (éviter la colle à bois qui supporte mal les atmosphères intérieures humides des bateaux !). Pour la version en balsa il est possible d’effectuer les collages à la cyanolit.

Une fois la coque terminée et retournée, on coupe la partie des couples qui dépasse au niveau du pont et on retire ensuite les évidements.

A ce stade, il est possible de réaliser le bouge de l’avant du pont (le pont est bombé, les projections d’eau s’écoulent plus facilement).

Il suffit de découper en arc de cercle la partie des couples qui dépasse, avec une hauteur d’arc maximum de 1cm. Ce détail de finition ne figure pas sur la partie à supprimer des couples du plan en PDF

Le couple 4 peut être tronqué pour réaliser un tableau arrière incliné, c’est plus esthétique et cela facilite la connexion des tringleries de gouvernail.

cela prend forme - 22.6 ko
cela prend forme

Le nez du bateau en balsa est collé quand la coque est retournée, il est poncé et arrondi pour amener la coque à sa longueur maximale.

Ne dépassez pas 50cm ! C’est la seule contrainte imposée par la jauge !

Le Puits de dérive : Si vous préférez une dérive fixe, la construction sera très simplifiée (mais le transport plus délicat).

Il suffit de percer dans le bordé de fond une fente aux dimensions de la tête de dérive. Celle-ci sera collée et renforcée sur les 4 cotés.

L’arête du bord de fuite de la dérive est située à 18,5cm du tableau arrière.

Pour une dérive démontable il est nécessaire de faire une boîte (puits de dérive) en ctp 10/10 aux dimensions de la tête de dérive.

Sur la photo 5 ci-après la boîte est réalisée en Styron (c’est un plastique dur genre ABS que l’on trouve dans les papeteries dédiées arts graphiques).

Détails d’installation : puits de dérive, servos et accus... - 27.1 ko
Détails d’installation : puits de dérive, servos et accus...

Cette boîte sera ensuite collée et renforcée de la même façon qu’une dérive fixe. Bien vernir l’intérieur si le puits de dérive est en bois.

Une goupille tiendra l’aileron en place.

Avant le pontage définitif, l’aménagement intérieur (puits de dérive, jaumière, renforts, platine radio) doit être terminé, les couples, barrots et autres renforts de pont doivent être à niveau.

S’inspirer de ce plan pour les finitions :

la jauginette - 14.5 ko
la jauginette
(Le fichier PDF est la version agrandie de cette image).

Pour la finition de la coque en CTP : bien vernir l’intérieur et peinture glycéro (ou en bombe) pour l’extérieur.

La version balsa nécessite plus d’attention car elle est encore très fragile à cet instant : Traiter l’intérieur et l’extérieur à l’enduit nitrocellulosique (voir votre magasin de modélisme), le balsa va se rigidifier.

Se procurer un bas ou un collant de récupération (sans trous, merci à madame ou à mademoiselle), l’enfiler sur la coque, nouer l’extrémité et enduire le tout de résine époxy.

Une fois sèche, cette coque n’a rien à envier en solidité à la version CTP et elle est plus légère !

Le pont peut être découpé dans une feuille de CTP ou, toujours plus léger, entoilé au Solarfilm (ou Oracover), comme une aile d’avion.

Eviter le Vénilia qui a tendance à se rétracter à la longue.

Une trappe d’accès sera nécessaire pour accéder à la radio, elle sera située entre les couples 3 et 4.

La coque finie, peinte, pontée et accastillée devra ressembler à ceci :

vivement le bain... - 23 ko
vivement le bain...

Le reste :

L’aileron de dérive et le safran seront réalisés dans du CTP multiplis de 4 ou 5mm, ou mieux en balsa-carbone pour les puristes !

(Les cotes de ces appendices sont dans le fichier PDF en tête d’article).

Toujours pour les puristes, il vaut mieux bien profiler ces appendices : arrondi au bord d’attaque, effilé au bord de fuite comme sur ces profils "Naca" qui peuvent servir d’exemple, en modifiant l’épaisseur :

Pour la Jauginette, il faudra transposer avec une épaisseur de 4 ou 5.

J’ai aussi réalisé une dérive en dural de 3mm coffré en CTP de 1mm. Comme c’est du poids sous la flottaison, on peut économiser sur le lest.

Parlons-en, du lest ! La bête noire du débutant ! Comment réaliser cet appendice en plomb ?

Pour une Jauginette qui à un déplacement d’environ 2 litres, il faut minimum 1kg de lest.

La solution idéale est chez Décathlon qui propose des plombs de pêche en forme de torpille de 1kg (il faut bien insister pour convaincre le responsable de les commander si il n’y en a pas en stock !).

Sinon...

Forme en balsa - moulée dans du plâtre - scier la forme - y couler du plomb de récupération - laisser bien refoidir - démouler !

Si vous réalisez tout le reste (coque, radio, accus, mât et voiles) en dessous de 1kg, c’est tout bon !

Pas d’affolement toutefois si vous êtes au dessus : personnellement j’ai testé l’ensemble jusqu’à 2,4kg (avec 1,5kg de lest) et cela navigue encore sans problème et sans couler !

Le mât est en carbone (matériel de cerf-volants chez Décathlon) de diamètre 8 ou 10mm et 100cm de haut, ainsi que les bômes et balestron de foc (en 6 ou 8mm).

Avec des passe-fils en caoutchouc du diamètre approprié enfilés sur les bômes, on réalisera les différentes attaches pour les réglages des voiles.

Le vit de mulet : cet accessoire pose toujours des problèmes aux débutants.

Il y a la solution de l’acheter tout fait (Graupner), mais j’utilise depuis longtemps le système "made by Paul LUCAS" (architecte naval grandeur qui a beaucoup oeuvré en VRC), qu’il a décrit pour son Cedar3 dans MRB il y a... longtemps !

Je le cite :
-  "Pour réduire les efforts dans le système, il faut écarter le plus possible les deux points de rotation.

Pour que l’ensemble pivote bien, il doit être sur le même axe (tige inox de 12/10), les cardans sont en alu d’épaisseur 3 à 4mm, usinés sur une fraiseuse à commande numérique (qui sait compter jusqu’à dix : 5+5=10 doigts).

Le matériel nécessaire comprend un étau, une lime plate et une mini perceuse ainsi qu’ un pointeau. Temps de travail une heure et demie.

Les axes percés qui traversent le mât sont des parties filetées de chapes.

Le point délicat du travail, en l’absence de perceuse à colonne, est le percage des quatre trous dans le tube du mât.

Bien tracer, percer avec un peu de jeu, enfiler le tout, régler et coller à l’époxy."

voir à droite : quelques photos valent mieux qu’un long discours...

Mais j’apprécie beaucoup la définition de la fraiseuse numérique...Merci à Paul LUCAS !

Les voiles peuvent être réalisées en mylar... de chez le fleuriste le plus proche (le meilleur rapport qualité-prix), en papier calque ou plus classiquement en tissu de voile type Bainbridge 60 ou 90g.

Puisque c’est le moteur du voilier, ne pas hésiter à tester différentes coupes, surfaces et creux pour trouver le meilleur compromis...

Dans le fichier PDF cité plus haut, vous trouverez les cotes de plan de voiles en gréément sloop 4/5 pour le médium et le vent fort.

C’est une base de départ !

Vous avez un énorme avantage par rapport à toutes les autres classes de VRC : tout est libre !

Personne ne viendra vous contester la petite surface en trop là, le rond de chute hors jauge ici, la grandeur de la têtière, la position du renfort ou la latte non conforme !

A titre d’exemple, je réalise systématiquement une grand voile à fourreau comme sur les planches à voile, c’est formellement interdit chez les autres classes, mais hyper simple à gréer et très efficace !

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couples de la Jauginette.pdf
La Jauginette - 31.1 ko
La Jauginette

La Jauginette est un voilier Rc "à bouchains vifs", ce style de carène permet une construction simple, facile et rapide tout en permettant à ce type de coque d’avoir un comportement plus sain à la gîte que son équivalent arrondi :

Au lieu de "rouler", le bateau se cale sur son bouchain en gîtant et accélère, cette coque a donc tendance à restituer plus d’énergie qu’une coque arrondie.

Toutefois, sa surface mouillée est supérieure et son coefficient prismatique plus élevé, mais pour un 1/2 m bien toilé et large, ces conséquences ne sont pas trop pénalisantes et ce type de carène reste compétitif, d’autant que sa réalisation est simplissime ce qui permet de multiplier les élucubrations et les essais !

Ces considérations techniques - tout à fait personnelles, mais je les revendique - ne doivent pas occulter le fait qu’un voilier VRC (ou grandeur) n’est jamais qu’un compromis subtil entre de nombreuses options plus ou moins contradictoires entre elles.

Il existe une nombreuse littérature qui traite de la conception des voiliers, quelques minutes de recherche sur le net et ses forums vous convaincront qu’il y a presque autant d’idées qui circulent sur ce sujet que de bateaux à quai dans un port de plaisance l’hiver (devinez lequel...) !

Bref, le voilier idéal n’existe pas ! Et encore moins dans nos échelles !

CELUI CI EST FAIT POUR S’AMUSER ET NE PAS SE PRENDRE AU SÉRIEUX, NE L’OUBLIONS PAS !

Plan N°1

Les cotes du chantier de construction...

Fixation des "bouts" par passe-fils

Un fil inox mis en forme sur le passe-fil permet d’accrocher tout ce qui est nécessaire...

A gauche, le mât et les fixations ; En haut, l’axe en CAP inox ; La bôme est en bas avec le ridoir.

Détail du "cardan" et des fixations (chape ou ici rivet alu)

L’ensemble monté : pas besoin de roulements et c’est très très libre en rotation ! Le montage est "en pousse-bas" interdit en IOM !

Jauginette=liberté !

-  Il faut bien garder à l’esprit, lors de cette réalisation, que tout ce que vous venez de lire n’est que conseils et propositions : libre à vous de triturer les couples pour en réduire la largeur (et le maître-bau), c’est à la mode en ce moment en RG65 et c’est sûrement une idée à creuser pour la Jauginette ! Libre à vous également de tout faire en Dépron, c’est aussi à la dernière mode !

Donc il ne faut pas hésiter à tester des solutions innovantes (si cela marche) et de toute manière, personne ne vous le reprochera !

Je pense avoir fait le tour de cet épineux problème qu’est la construction d’une Jauginette pour un débutant.

Les habitués du VRC ou les "dégrossis" en modélisme ne devraient pas, eux, rencontrer de soucis avec ce type de réalisation.

Pour les autres, je reste bien entendu à leur disposition pour répondre aux questions...


En conclusion (provisoire ?)

Pour les débutants, je conseille de s’informer auprès d’un club ou de pratiquants confirmés, il en existe toujours de sympas qui ne refuseront jamais de vous aider !

Ceux qui vous « snoberont » en dénigrant votre mini-voilier et qui vous diront que seul le classe M à le droit de naviguer sur leur plan d’eau seront suspects !

Quand on attrappe le virus du VRC avec un 1/2m, on finira toujours par tâter du plus grand !

L’aménagement radio ainsi que l’accastillage ne sont pas détaillés dans cette présentation, puisque qu’il y a presque autant de montages possibles que de modélistes pratiquant le VRC !

Les photos sont là pour donner aussi quelques idées...

Et s’il y a de la demande, j’essaierai de faire une suite sur ces aménagements...

Si vous construisez une Jauginette, n’oubliez pas de me le faire savoir, et une petite photo fait toujours plaisir !

Et un grand merci à Pierre JAHAN pour son idée...