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dimanche 23 novembre 2014

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Accastillage et accessoires

Haubans en acier "incognito"

Michel Remen

Depuis la mise en vente du Hors Série n° 3 Sea Bird par la revue MRB, la discussion revient assez souvent au sein des clubs et des forums sur les haubans en acier fourrés. Termes employé par Jean-Claude Chazarain dans son exposé de construction.

Il est vrai que sur les unités modernes et récentes les haubans sont en acier, du câble d’acier pour les puristes. Et tout ce qui va avec...

Par contre pour celles plus anciennes comme nos vieux gréements - les vieilles voiles de travail - pas de doute : les étais et les haubans sont bien réalisés en cordage de chanvre.

Sur nos modèles, suivant l’échelle choisie, les haubans vont devoir plus ou moins participer à la transmissions de la poussée du vent sur les voiles, au même titre que les mâts et les écoutes. Sans parler de l’habitude fréquente de récupérer le voilier carrément par le mât pour le sortir de l’eau. Et là, avec nos cordages en coton commis maison la solidité n’est pas garantie !!!

Ayant moi-même en projet un modèle navigant, je me suis penché sur le problème et voici le fruit de mes réflexions !

Le problème est donc d’avoir des haubans solides, fiables, qui ne s’allongent pas, mais qui restent conformes aux originaux.

Les haubans seront donc en acier, mais il faudra les dissimuler sous un camouflage de cordage classique.

Ces cordages, dans la réalité, sont parmi les plus importants du gréement. Donc, de gros cordages. Nous savons que plus la corde est de gros diamètre, plus les torons seront gros et que suite à l’enroulement de ces torons toujours plus gros, il va se trouver au centre du cordage un vide toujours plus grand lui aussi. Dans la réalité ce vide est comblé par un toron qui n’est pas commis. Il reste droit et s’appelle l’âme du cordage. Bonne aubaine : nous allons remplacer cette âme par un fil d’acier .

J’ai utilisé pour mes essais du fil de vol circulaire : diamètre 0,1 mm (pratiquement invisible) Résistance à la traction 26 kg (vérifié) Vendu en bobine de 25 m et 50 m. (Il existe évidemment d’autres diamètres et d’autres résistances).

Un hauban en acier


-  Coté capelage sur le mât : faire une boucle que vous soudez à l’étain sur un ou deux centimètre (c’est à la portée de tous). Idem coté cap-de-mouton. Ici la plus grande difficulté est de réaliser des haubans à la bonne longueur (identiques pour les symétriques) Ne pas oublier que les cap-de-moutons doivent rester alignés.
-  Ensuite vous réalisez vos haubans en cordage traditionnel. Je préconise du fil de coton. Pourquoi ? Parce que quand vous le coupez il ne se démonte pas. Le fil polyester, lui, va se démonter sur une très grande longueur ... c’est gênant ! Bien arrêter les extrémités avec une demi-goutte de colle cyano épaisse. Par contre le fil polyester ne peluche pas.
  • Donc vous avez maintenant :
    • Une longueur de corde miniature, diamètre approprié, diamètre à l’échelle bien sur, un peu plus longue que le hauban.
    • Un hauban en fil de vol circulaire avec les deux boucles soudées.

  1. Tendre le hauban (acier) sur l’établi entre deux pinces à quelques cm du plateau.
  2. Prendre la corde (coton) entre le pouce et l’index, main droite et main gauche.
  3. Tordre de façon à dérouler les torons. Ils vont se séparer.
  4. À ce moment les approcher du fil d’acier tendu, et les ré-enrouler dessus. Vous faite ainsi de proche en proche toute la longueur du hauban, y compris le tour des boucles.

Coté capelage sur le mât : attention, il faut qu’une fois la boucle complètement garnie il vous reste un peu de cordage. Soit pour faire une ligature, soit pour y faire une vraie épissure (pourquoi pas, il y a des puristes) . Vous pourrez ensuite si c’est nécessaire fourrer (*) le capelage comme il se doit.

Coté cap de mouton, même procédure sauf qu’il faudra y insérer le cap de mouton « en force ». Si à cet endroit le hauban doit aussi être fourré, il ne faudra pas oublier de laisser un peu de place dans la boucle. Au retour du cordage au dessus du cap de mouton, faire une ligature comme dans la réalité.

Vous avez maintenant un hauban acier. Mais l’acier est totalement invisible !

(* Fourré) Le fourrage d’un cordage consiste à le protéger de l’usure de racage (frottements) avec ... autre chose. Pour nous, modélistes, ça va consister à enrouler un fil (ou un cordage beaucoup plus fin que celui à protéger) à spires jointives, enroulé dans le sens opposé au sens du commettage.

J’ai même l’intention de pousser plus loin :

  • Coté capelage, rien de changé !
    • En bas, le fil d’acier traverse le premier cap de mouton via un petit trou diamètre 1 mm. Puis le deuxième. Passe ensuite au travers du pont via un tube laiton, plastique ou alu de 1 ou 2 mm.
      -  Ce tube arrive en face d’une vis qui va servir de tirant (tendeur) via un émerillon de pêche sur le fil d’acier.
    • Le deuxième cap de mouton est quant à lui monté normalement sur le pont. Mais devant le tube de passage du fil acier.
    • La ride est montée normalement

Avec cette façon de faire le câble acier est visible entre les allers-retours de la ride. Visible ? Je dirai plutôt qu’il va falloir le deviner... (Voir photos).

Pour l’étanchéité du pont, introduire une goutte de silicone dans chacun des tubes. L’eau ne risquera plus de passer, et le fil pourra toujours glisser si un nouveau réglage s’avérait nécessaire.

Avec cette solution vous avez des haubans réglables. Pas de 10 cm bien sûr mais suffisamment pour peaufiner ... Dans le cas ou vous manquez de place, la vis (le tirant) peut être positionnée parallèlement à la quille via un renvoi !

Préparation :

  1. Faire la boucle du capelage sur le câble acier.
  2. Prendre la longueur nécessaire et faire la boucle coté tendeur
  3. Mettre en place le cordage coton sur le hauban
  4. Terminer la boucle de capelage, y compris le fourrage s’il y a lieu
  5. Enfiler le cap de mouton supérieur (attention au sens des trois trous)
  6. Enfiler le deuxième cap de mouton, passer le hauban acier sous le pont, prendre la longueur et souder la deuxième boucle.
  7. Mettre en place l’émerillon, l’accrocher, tendre le hauban métallique et estroper le cap à sa place (hauteur).
  8. Mettre en place le cap du bas sur le pont ou sur la lisse de pavois.
  9. Mettre en place la ride, la tendre et l’arrêtée.

C’est terminé.


Mise en place des rides. Force est de constater la discrétion du câble acier. Les caps de moutons font 9 mm de diamètre, la lisse de pavois est en 8 x 3 mm. - 20.6 ko
Mise en place des rides. Force est de constater la discrétion du câble acier. Les caps de moutons font 9 mm de diamètre, la lisse de pavois est en 8 x 3 mm.
Discrétion assurée, même en cherchant bien. Il faut vraiment approcher l’axe du bateau pour bien sûr voir le câble acier dans l’épaisseur du bateau. Le cap du bas n’est là que pour figuration...

Vue de l’intérieur avec le système de réglage - 23.6 ko

1. Prendre la corde entre le pouce et l’index, main droite et main gauche. Tourner un coté ou l’autre de façon à « dérouler » les torons. Ils vont se séparer.

2. C’est le moment choisi pour les approcher du fil d’acier tendu, et les ré-enrouler dessus.

3. Vous faite ainsi de proche en proche toute la longueur du hauban,

4. y compris le tour des boucles. La boucle est terminée, gardez un peu de cordage pour la ligature.

Voilà qui est fait. C’est terminé pour le capelage.

Idem pour le cap de mouton supérieur. A noter que le hauban (acier) est déjà en place, et tendu. Attention : méfiance quant à la position du cap, le hauban en coton glisse sur le hauban en acier...

Alors c’est-y pas beau tout ça ? ..... Convaincu ?