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jeudi 22 juin 2017

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Les matériaux

Utilisation du carton en modélisme naval navigant
L’outillage, les matières premières et la technique de base

Laurent

L’outillage

Je ne vais pas trop m’étendre sur l’outillage. Celui-ci paraîtra important en quantité mais est simplifié au maximum.

Prévoyez :
-  un tapis de coupe
-  un bon bistouri (un "cutter")
-  une paire de ciseaux « qui coupent »
-  de la colle vynilique D3 (c’est la colle blanche à bois, allongée avec un peu d’eau dans certains cas) et de la colle cyano.
-  quelques cure-dents pour faciliter l’application de la colle sur le papier ou le carton
-  un porte-mines ou un crayon bien taillé
-  une équerre en plastique (plus pratique car transparente)
-  des épingles de couturière ou des épingles à tête en verre pour forer des petits trous
-  une petite pince à épiler permettant la préhension des petites pièces
-  des petits récipients pour verser le G4 qui nous servira à l’imprégnation (bouchons de bouteilles en plastique ou couvercles de bocaux)
-  prévoyez également des rondins pour faire des formes cylindriques (tout peut servir à cet emploi : des tubes en plastique, des forets de différents diamètres, des tourillons en bois, etc)
-  une pince emporte-pièces pour le cuir, avec plusieurs emporte-pièces de diamètres différents, cet outil servira à faire des hublots et d’autres ouvertures.
-  du papier de verre assez fin, le papier et le carton qui a été imprégné de G4 ou de colle cyano se ponçant comme du plastique. Personnellement j’utilise des limes à ongles jetables, la qualité pour les faux ongles, très résistantes
-  du « Scotch-Brite », terme générique définissant le matériau qu’on trouve au revers des éponges à vaisselle et que l’on trouve dans tous les bons rayons peintures (sans l’éponge). Ces carrés de « Scotch-Brite » serviront à dépolir le papier imprégné avant sa mise en peinture.

Les matières premières

Le papier qu’on utilisera sera du papier de récupération (rien cependant ne vous empêche d’acheter du papier), mais évitez, pour les parties qui seront immergées, le papier glacé car celui-ci n’absorbe pas convenablement la résine.

En ce qui concerne le carton, évitez également ce qui est glacé. Celui qui convient le mieux est le carton Bristol (cartes de visite), et, là aussi, la récupération est possible. Il existe en différentes épaisseurs, à vous de choisir celui qui qui sera le mieux adapté à la réalisation en cours.

L’autre carton utilisable est celui d’emballage des boites de céréales (pâtes, riz), ou de jouets (etc), plus épais et plus rigide, avec une face brute et l’autre face contrecollée de papier glacé (et imprimé). Cette face glacée sera elle aussi enduite de G4 mais ce carton ne devra être de préférence utilisé que pour les endroits non exposés à l’eau.

Un carton excellent à utiliser est le carton blanc utilisé par les pâtissiers comme rond de sous-tartes. De plus, il est très agréable à récupérer !

Un dernier carton que j’utilise est celui qui est employé pour certaines boites d’archivage : il s’agit d’un carton épais de 1 millimètre, très rigide et de couleur brune. Je m’en sers pour les ponts en bois. Le calfatage y est simulé par des traits à l’encre de Chine.

Pour certaines réalisations qui ont la couleur du bois, en lieu et place du carton de boites d’archivage, utilisez simplement du papier d’emballage appelé papier "Kraft", à la seule réserve qu’il sera impossible de le passer au G4 : il faudra le couvrir avec du vernis acrylique satiné ou mat, suivant l’effet désiré

La technique de base

Le travail du papier/carton non imprégné au préalable au G4 est possible, c’est le matériau que j’utilise pour représenter les tôles de bordé sur mes coques ou pour faire des cheminées (en l’enroulant autour d’un tourillon pour lui donner la forme)

Former des courbes avec du carton non imprégné est d’une facilité déconcertante, que ça soit pour former des courbures aux coins des superstructures ou pour faire des pièces cylindriques (tubes d’écubier, cheminées, timoneries, manches à air...)

Cependant, l’emploi de carton imprégné au G4 avant découpe et collage permet une découpe plus régulière, une meilleure mise en forme et le collage est possible à la cyano. De plus, les différentes ouvertures dans le carton (hublots circulaires à l’emporte-pièces, fenêtres rectangulaires... ) seront plus faciles à faire dans du carton "G4trisé". Il sera également possible de faire des courbures aux rayons très courts mais former des cylindres de petit diamètre sera devenu difficile, à moins d’utiliser de la Cyano pour le collage, mais faites attention à ce que le cylindre ne colle pas à son support, cela m’est arrivé récemment !

Pour faire des angles droits, plusieurs possibilités : dans tous les cas, il faudra faire des incisions dans le carton, avec un léger coup de "cutter". Au début ces incisions sont assez difficiles à faire mais avec un peu d’expérience cela va tout seul. Il est tout à fait possible de faire des structures autoportantes avec du carton de 0,3 mm d’épaisseur et les quelques exercices que je vous proposerai plus tard vous le démontreront.

Dans un prochain article, pour vous familiariser avec la méthode, je vous proposerai de me suivre dans la construction pas à pas d’une superstructure simple, que j’ai construite pour remplacer la première que j’avais construite il y a 10 ans, car cette superstructure existante était beaucoup trop lourde

Mais tout ceci sera pour la prochaine fois ! Armez vous de patience... et du matériel indiqué ci-dessus (outillage et matière première)


Voici donc la seconde partie de mon article traitant de la construction en carton, technique utilisable pour les modèles navigants.



L’imprégnation

Celle-ci se fera au G4

À propos du G4, beaucoup d’informations plus ou moins exactes et d’avis plus ou moins faux circulent. Il s’agit en fait d’une résine polyuréthane mono-composant, polymérisant grâce à l’humidité de l’air. Il ne s’agit pas d’un vernis, même si sur la notice on indique qu’il peut également être utilisé comme vernis, par exemple sur des meubles d’extérieur.

Le carton étant composé de fibres végétales entremêlées, à la structure un peu comparable au "mat" de fibre de verre, le résultat de l’imprégnation donnera une matière devenue étanche et étonnement solide.

Le G4 est un produit commercialisé par VossChemie-Soloplast , il se vend en bidons de 1 litre. Il y a d’autres conditionnements et il y a également d’autres fabricants : il suffit de se procurer de la résine polyuréthane mono-composant.

Attention : le G4 réagit aux UV en fonçant fortement, c’est un paramètre à prendre en compte lorsque l’on veut éviter de peindre certaines pièces (représentation de ponts en bois)

Il existe également du G8, qui est d’une composition similaire, mais qui a la propriété de résister aux UV. Le G8 coûte beaucoup plus cher que le G4.

Le G4, quant à lui, coûte moins de 20 € le litre.

Pas mal de modélistes me demandent si d’autres résines peuvent être utilisées (époxy, polyester) pour travailler le carton en modélisme navigant. Peut-être, mais je vous avouerai franchement que je n’ai aucune expérience de ces autres résines dans l’imprégnation du carton. Un désavantage des autres résines, qu’elles soient polyester ou époxy, est de devoir doser la résine avec un durcisseur (en poids ou en volume). Un autre désavantage étant leur odeur (résine polyester) et/ou leur toxicité (résine époxy). Le G4 ne sent pas bon non plus, car son liant s’évapore avant que la polymérisation ne commence, mais si c’est encore supportable il faut absolument éviter d’en respirer les vapeurs.

Pour la mise en peinture tout est possible : le G4 ne réagit pas aux peintures à l’huile (appelées aussi peinture émail, style Humbrol) ni aux peintures acryliques (erronément appelées "à l’eau") style Tamya, ou bombes de peinture bricolage ou auto (style Motip)

Le G4 ne doit pas forcément être dilué avant application. On peut le faire si c’est vraiment nécessaire (imprégner de fortes épaisseurs de bois), uniquement avec un diluant spécial, pas avec de l’acétone si on veut conserver toutes ses propriétés, mais comme il est déjà très liquide en sortant du bidon, personnellement, pour mon usage, je ne le dilue jamais.

Pour imprégner le papier ou le carton, en général j’applique une à deux couches par face, sauf lorsque une des faces sera collées sur un support en bois ou en carton avec de la colle blanche.

A une température ambiante de 20°C, le G4 sèche en surface en +/- 20 minutes, la polymérisation totale prend une paire d’heures, suivant le taux d’humidité de l’air et du support.

Dernier point concernant le G4 : comme il polymérise grâce à l’humidité de l’air, à chaque fois qu’on ouvre le bidon, on risque une mini-polymérisation. Il est important de bien fermer le bidon après chaque ponction, et de ne jamais tremper le pinceau directement dans le bidon. Toujours ouvrir au sec. J’ai pris l’habitude de conserver mon bidon tête en bas malgré le fait que si une polymérisation démarre dans la bouteille, celle-ci se passera dans tout le liquide . Avant la fermeture, bien nettoyer le filet du bidon et du bouchon avec du Sopalin ou un autre papier de cuisine (ou WC), car le solvant sèche très dur. En cas de problème, chauffer le bouchon quelques secondes à la flamme d’un briquet

Si les conseils de conservation ci-dessus sont respectés, le G4 se conservera environ 1 an après la toute première ouverture.