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mercredi 13 décembre 2017

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Accastillage et accessoires

Ancres faciles

Albertus

La réalisation des ancres des modèles réduits pose parfois de gros problèmes aux modélistes, quelle que soit leur expérience. Différents modèles sont proposés en accastillage du commerce, plus ou moins réalistes et bien réalisés, généralement en plastique moulé mais aussi en laiton ou en zamac à la finition parfois assez grossière.

Sur les bateaux du 20ème siècle on trouve différents modèles d’ancres :
-  Les formes modernes, adaptées aux fonds boueux, sablonneux ou rocailleux, ont été développées par les constructeurs après des études sérieuses d’efficacité d’accrochage sur les fonds en question.
-  Les ancres anciennes font plutôt référence à une tradition empirique qu’à une étude scientifique.

En gros, et sans que la liste ci-dessous soit exhaustive, on distingue
-  les ancres à jas fixe ou mobile
-  les ancres plates
-  les ancres grappin
-  les ancres charrue
-  ...

En modélisme

Les petites ancres pour remorqueur et autres bateaux de service existent en très bonne qualité, plastique ou métal. Les ancres à jas de bois, souvent destinées aux bateaux très anciens se trouvent elles aussi facilement en accastilage de modélisme. Bizarrement, les ancres à jas mobile sont difficile à se procurer, d’autant que les vieux gréements qui les utilisent sont généralement construits à grande échelle (1/20, 1/15 et 1/10)

Une solution, les faire soi-même !

... FACILE !

 Réfléchissons !

Pour réaliser l’accastillage de nos modèles réduits, nous avons toujours tendance à utiliser les mêmes matériaux que les matériaux d’origine. Bien entendu, pour une ancre, on n’imagine jamais la réaliser en fonte, mais généralement on choisi le métal, car dans notre esprit une ancre c’est "en fer".

Et voilà que les problèmes commencent, car peu de modélistes sont équipés pour travailler efficacement le métal.

 Et d’ailleurs...quel métal ? 
-  l’alu, l’inox, le plomb, l’acier ou le laiton
-  J’ élimine le plomb trop mou, l’acier trop dur, l’inox impossible à souder avec les moyens dont je dispose. Restent l’alu et le laiton. L’alu se travaille très bien, mais ne se soude qu’avec les "produits miracle" entrevus lors du dernier salon (avec le briquet jetable, souvenez-vous) dont je ne doute pas de l’efficacité mais dont je ne dispose pas. Reste le laiton, facile à se procurer en fil, plat, tubes et petites plaques au Brico du coin, et qui se soude facilement. Pour la découpe, c’est autre chose : les lames de scie cassent à toute allure quand je me risque à ce type de matériau sur ma Proxxon.

Revenons donc quelques lignes plus haut, quand je disais que généralement on se croit obligé d’utiliser du métal. Le but est d’obtenir une ancre à l’aspect réaliste, donc le métal utilisé si ce n’est du fer devra quand même être peint et rouillé. Alors pourquoi utiliser du métal ? Pour le poids en vue d’une animation ? on y reviendra !

Je maîtrise la découpe du bois, mes outils sont adaptés, j’ai même déjà la matière première... alors allons-y pour la réalisation d’ancres en bois.

Le plan

Le dessin que je vous propose ci-dessous montre deux ancres presque identiques dans leurs dimensions, mais les détails feront toute la différence. Le dessin est au 1/15e par rapport à la règle dessinée au milieu (attention : image réduite sur cette page), mais il vous suffira d’adapter l’échelle à celle de votre bateau

Après avoir choisi le modèle à réaliser, on reporte le dessin du corps de l’ancre sur du ctp de 4mm. Un morceau de 10x8cm sera suffisant.

Et tant qu’à faire, si on réalisait plusieurs exemplaires ? 
-  Dans ce cas, on va utiliser plusieurs morceaux de ctp, disons quatre, que l’on va coller les uns sur les autres. Ainsi, en découpant une ancre, on en obtiendra quatre.

Bien entendu, il ne faut pas utiliser n’importe quelle colle, et surtout pas de la colle à bois. La colle à utiliser est la colle en bombe prévue pour coller les photos, et dite "repositionnable". On trouve cette colle en papeterie. Son achat est un très bon investissement, car c’est elle qu’il faut utiliser pour coller le papier sur le ctp (réalisation des couples par exemple) puisque la colle en bombe ne mouille pas, et que dès lors le papier ne se déformera pas.

Les cinq plaquettes de ctp étant collées entre-elles, on fore soigneusement les trous : 2,5mm pour le jas et 0,8mm pour l’organeau, plus un trou (0,8mm) dans le bas de la hampe, au milieu des bras. On enfile un petit clou en laiton dans ces deux trous, pour empêcher tout glissement des plaques lors de la découpe et on les arase (les clous). On peut alors procéder à la découpe du corps des ancres. Cette découpe s’effectue à la scie à chantourner, manuelle ou électrique. Après découpe et avant de dissocier les cinq pièces, il convient de rectifier éventuellement la découpe à la lime. L’introduction d’une lame de cutter entre les éléments permet de les séparer, et un léger passage avec un tampon imprégné de white-spirit enlèvera les traces de colle. Donner un coup d’émeri sur chaque pièce pour en adoucir les angles.

Pour la réalisation des palettes : même combat, cette fois dans du ctp de 0,7mm (ou pourquoi pas dans du carton Bristol de récupération durci à la cyano fluide). N’oubliez pas qu’il faut deux palettes par ancre ! Une fois leurs bords amincis par ponçage, les palettes sont simplement collées sur les bras.

Deux rondelles (diamètre du trou 3mm) seront collées de chaque côté du trou (2,5mm) recevant le jas.

Les jas sont réalisés en fil de laiton de 2,5mm de diamètre, facile à plier après avoir été recuit. Les extrémités des jas seront protégées par des perles de bois de 5mm reforées à 2,5 ( tremper tout d’abord les perles dans la cyano fluide, puis après séchage utiliser pour la mèche une vitesse de rotation très élevée afin de ne pas éclater les perles que l’on maintient dans une pince à becs) Un arrêt permet de positionner le jas bien centré, et une goupille à chaîne le maintient alors en place. Cet arrêt est fait d’une demi-perle, et se situe du côté non plié du jas. On fore la perle, et on réduit son épaisseur par ponçage. Avant d’enfiler les perles sur le jas, il faut enfiler le jas dans l’ancre ! Les perles sont fixées à la cyano. A 5mm de la demi-perle, on fore un fin trou dans le jas, trou destiné à recevoir la goupille de blocage.

l’ancre en ctp est enduite de pâte à bois - 11.6 ko
l’ancre en ctp est enduite de pâte à bois
Le grain lisse du ctp est remplacé par le grain uniformément rugueux de la pâte à bois Polyfilla (à base aqueuse)

Un morceau de laiton, deux perles deux rondelles.... - 13 ko
Un morceau de laiton, deux perles deux rondelles....

L’organeau, c’est l’anneau fixé dans l’oeillet de la verge. Il est réalisé avec un bout de fil de fer provenant par exemple d’une attache-trombone. Pour obtenir cinq anneaux au cercle parfait, on tourne le fil de fer sept tours autour d’un tourillon du bon diamètre, puis on coupe cet espèce de ressort à la pince (ou mieux au disque à tronçonner fin) pour obtenir cinq anneaux parfaits, que l’on enfile dans l’oeillet. On referme les extrémités de l’anneau en les enserrant dans l’épaisseur du ctp. Il n’est même pas indispensable de souder la jointure.

ancres chalutier - 136.3 ko
ancres chalutier
 
 
ancres voiliers - 117.9 ko
ancres voiliers

LE MODELE D’ANCRE SUJET PRINCIPAL DE CET ARTICLE EST L’ANCRE A JAS MOBILE. IL S’AGIT D’UN MODELE ASSEZ DIFFICILE A TROUVER EN MAGASIN DE MODELISME DANS UNE FINITION CORRECTE ET AUX ECHELLES HABITUELLES DES VIEUX GREEMENTS RC.
-  POUR RESTER CONFORME A L’ESPRIT DE CETTE RUBRIQUE DE REALISATION FACILE, CET ARTICLE DOIT PERMETTRE A CHACUN DE REALISER UNE ANCRE CORRECTE SANS NECESSITER D’OUTILLAGE COMPLEXE NI D’EXPERIENCE MOUSTACHUE EN MODELISME NAVAL. IL EST EVIDENT QU’UNE REALISATION PLUS POUSSEE ET PLUS FIDELE POURRA AUSSI ETRE REALISEE SUIVANT LE MËME PRINCIPE DE BASE.


On trouve aussi de l’accastillage en plastique de bonne facture (ancre Graupner) - 10.4 ko
On trouve aussi de l’accastillage en plastique de bonne facture (ancre Graupner)

Ancres en plastique Graupner, rouillées et patinées - 12 ko
Ancres en plastique Graupner, rouillées et patinées

On colle ensemble plusieurs morceaux de ctp, puis on découpe. Ensuite on sépare. - 17.8 ko
On colle ensemble plusieurs morceaux de ctp, puis on découpe. Ensuite on sépare.

Le dessin imprimé est collé sur le ctp.

Sur les chalutiers, les ancres sont généralement là pour satisfaire au règlement. Fixées au pavois, elles sont régulièrement repeintes sur la rouille.


L’animation des ancres est loin d’être très visible une fois le bateau sur le plan d’eau. Selon l’échelle et le type de bateau, la distance entre l’ancre et la surface de l’eau sera au plus d’une dizaine de cm. A la vitesse de descente des ancres, les 10 cm sont parcourus en maximum 1/3 de seconde, après quoi on ne les voit plus, car elles sont sous l’eau ; et même le déroulement des chaînes hors des écubiers sera difficilement visible à plus d’un mètre de distance. Personnellement, je préfère consacrer mon énergie (et mes sous) à des animations plus spectaculaires. Si toutefois des ancres en bois sont utilisées pour ces animations, elles devront être lestées, ce qui est facilement réalisé en faisant une inclusion de plomb à hauteur du diamant de l’ancre. De toute façon, le poids de la chaîne entraînera l’ancre vers le fond