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mercredi 23 août 2017

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Construction d’une coque en bois

Construire une coque, c’est facile -2
Les grands principes simplifiés

Albertus

On est toujours dans la partie théorie, qu’il faut bien comprendre avant de passer à l’action ! Bientôt, nous passerons à la pratique par l’exemple. En attendant, il faut bien comprendre les principes d’une construction bois. Cette série d’articles s’adresse avant tout aux débutants, souvent effrayés par la technique et qui sous prétexte de facilité se lancent dans la construction sans en appliquer les règles et les principes de base qui facilitent pourtant le travail
-  Pour autant qu’on ait bien compris de quoi il s’agit !


Bordé sur membrures

Dans l’idéal, il faudra essayer d’avoir un même nombre de Virures sur le Maître Couple (le plus large) et sur les couples vers l’avant et l’arrière, qui ont un plus petit développement.

Pour obtenir cela, les bordages doivent être plus étroits vers l’avant et vers l’arrière.

Cette forme particulière des bordages s’appelle le Brochetage

Il est bien entendu que le système de brochetage décrit ici s’adresse avant tout aux débutants, et qu’avec l’expérience, chacun affinera la méthode à sa façon.

Pourquoi brocheter ?

Si par exemple le développement du demi-maître couple mesure 20 cm, on devra y poser 20 lattes de 10mm pour le couvrir.

Comment calculer le brochetage ?

Si par exemple sur le couple numéro 2 à partir de la proue le demi-couple mesure 10 cm, comme il y aura quand même 20 lattes sur ce couple, les bordages devront être "étroitisés" à 5mm de large
-  C’est l’idée du brochetage à bien comprendre avant de commencer

Normalement, en mesurant le maître-couple et le second couple à la proue, on peut imaginer la forme que prendra cet effilement ; proportionnel sur les bordages intermédiaires et les suivants vers la proue.
-  Pareil vers la poupe !

Le maitre couple est en rouge, le second couple est en orange 10 planches au maitre couple, donc il en faut 10 aussi au couple 2 (et aux autres) le déroulement du maitre couple c’est 10 cm, le déroulement du couple deux c’est 7 cm - 30.8 ko
Le maitre couple est en rouge, le second couple est en orange 10 planches au maitre couple, donc il en faut 10 aussi au couple 2 (et aux autres) le déroulement du maitre couple c’est 10 cm, le déroulement du couple deux c’est 7 cm

Comment Brocheter ?

Dans le cas des coques qui seront enduite et peintes, c’est assez facile à mettre en œuvre, le brochetage pouvant présenter quelques défauts faciles à masquer

Le brochetage des bordages peut être approximatif, mais l’affinement doit être droit et pas ondulé

Brochetage en pratique

On brochete sur un seul côté de la baguette, on part en oblique depuis le couple large vers le couple étroit, et si d’après les calculs la baguette fait 10mm et doit être affinée à 6mm, il faut admettre que 5,5 ou 6,5 cela va aussi ! La baguette suivante compensera.

On trace une oblique en ayant repéré les distances, puis on taille les lattes au rabot ou au cutter.

Personnellement je fais cela au petit rabot (à lame de rasoir) qui permet de rester bien rectiligne. Bien entendu, cela ne marche qu’avec du bois de bonne qualité, et pour mes coques de plus ou moins 1 mètre de long je privilégie le tilleul de 2 ou 3mm d’épaisseur et 10mm de largeur.

Aucun soucis pour la courbure, sans devoir mouiller, chauffer, tremper, étuver etc. Le tilleul permet cela !
-  Les couples sont encollés sur leur chant, sur les quelques mm qui vont recevoir la baguette.
-  La baguette est encollée sur son chant non brocheté orienté du côté de la baguette précédemment posée et sur le chant étroit du côté de la proue.
-  Elle est alors insérée dans la Râblure qui va la maintenir, puis courbée vers le maître couple en la serrant sur la baguette déjà en place.
-  On maintient la baguette en pression contre les couples et contre la baguette précédente, au moyen de pinces
-  On pose et on maintient deux baguettes de chaque côté puis on enlève soigneusement le surplus de colle qui déborde sur les couples, de façon à ne pas gêner les poses suivantes.

Et on laisse sécher !

On commence le recouvrement par le Galbord qui est le nom de la première planche le long de la quille et le Ribord qui est le nom de la seconde planche, puis on passera au Livet de pont.

Le recouvrement devra se faire symétriquement à bâbord et à tribord, de façon à éviter une déformation, un vrillage de la coque provoqué par un séchage unilatéral des bordages

La colle D3 résiste à l’eau et est plus rapide que la colle D2. Grâce à la râblure, cela tient après 1/2 heure à 1 heure, sans épingles et surtout sans clous qui empêcheraient le ponçage  ! Dans les cas difficiles, on passe un ou plusieurs liens élastiques autour de la coque par dessus le bordage en place. Ce n’est que lorsqu’on arrive aux dernières baguettes à poser que l’on doit vraiment s’appliquer sur le brochetage, et pour confectionner la clore c’est de l’ajustage fin qu’ill faudra réaliser, en confectionnant un gabarit de carton, testé avant de mettre la colle

Dans le cas d’une coque où les bordages restent visible, c’est différent, mais ces coques ne s’adressant pas à un débutant, nous ne parlerons donc pas ici du brochetage exact sur gabarit
-  Le brochetage d’une coque peinte c’est juste pour faciliter la pose du bordé et augmenter la solidité
-  Après le bordage, on enduit l’intérieur de la coque avec un mélange pâteux de colle à bois et de sciure fine sur 2mm d’épaisseur, de préférence de la sciure de bois dur non résineux (hêtre, chêne..) , en insistant le long des couples, et là où éventuelement les baguettes ne poseraient pas parfaitement sur les couples.
-  Et on laisse bien sécher quelques jours

La coque obtenue est hyper solide !
-  On peut maintenant passer le rabot sur l’extérieur de la coque pour "casser" l’angle des planchettes, sans crainte de passer à travers ou d’amincir trop fort la coque
-  On ponce ensuite, avec une cale à poncer assez longue pour les parties convexes, et un rouleau de papier émeri de 3 ou 4 cm de diamètre pour les parties concaves. On peut aussi utiliser un arc à poncer
-  Si par malchance il y avait un vide entre deux lattes, il aura été comblé par la colle+sciure  par l’intérieur  !
-  Ne jamais clouer les lattes pour les faire tenir, cela empêcherait le ponçage correct ! si esthétiquement il faut des clous, on les pose après avoir poncé la coque.


Cet article est à lire plusieurs fois, donc vous y reviendrez.

Les termes de marines imprimés en gras font partie des quelques termes qu’il faut connaître, leur explication est facile à trouver sur Google Wikipédia

Pour assurer le joint entre la quille et les baguettes du bordé, on pratique dans la quille, de la proue à la poupe, une rainure qui recevra l’extrémité des bordages. Cette rainure très importante s’appelle la râblure.

En bas, tout le long de la quille, la première planchette y sera insérée sur toute sa longueur.

Cette planche située contre la quille s’appelle le galbord.
Tout en haut de la coque, il y a la ligne du pont, qu’on appelle le livet...
Cette ligne est courbe, suivant la tonture du pont.
Les bordages de la coque vont donc couvrir les couples entre le galbord et le livet

Râblure de quille - 49 ko
Râblure de quille


Râblure d’étrave - 66.2 ko
Râblure d’étrave
Deux options : celle de droite est moins conforme à la réalité, mais plus adaptée en modélisme


Les baguettes ne vont pas forcément de la proue à la poupe d’une seule pièce. L’assemblage de deux ou plusieurs bordages sur la longueur porte le nom de virure.

En cas de confection d’une virure avec deux bordages trop courts, le joint se pratique à cheval sur l’épaisseur d’un des couples situés vers le milieu de la coque.
Normalement, il faudrait faire un joint oblique de trois fois la largeur de la planchette, joint qui, de plus, aurait une forme de "trait de Jupiter", mais en pratique on peut les coller bout à bout.

Sur les dessins ci-dessous, le profil du bordé, en couleur fushia, ne présente pas une courbe harmonieuse, mais une succession de plats.
La coque devra être poncée pour supprimer les angles des planchettes et obtenir une courbe parfaite.
La croûte colle+sciure que l’on aura posé par l’intérieur permettra de ne pas se tracasser de l’épaisseur du bordé qui forcément diminuera avec le ponçage.

Les préceintes sont plus épaisses que les bordages.
Par facilité, on les fait de la même épaisseur, ce qui permet de poncer la coque facilement.

Ensuite on contrecolle des fausses préceintes.

Le prochain article dans cette série expliquera la confection d’un chantier et la mise en place des couples pour travailler "quille en l’air"