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mercredi 23 août 2017

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Phares, Bouées et Balises

Le Phare des Pierres Noires
Albertus le Recommenceur

Albertus

Me voici donc au pied du mur, face à la construction de mon phare au 1/30e.

Après le Précusteur, l’Instigateur et le Novateur qui m’ont ouvert le chemin et qui en résolvant chacun à sa façon les différents problèmes liés à cette construction m’ont permis d’arriver à mes fins, j’aurais pu choisir le titre de Recenseur, Profiteur, Finisseur ou Pâtineur, mais j’ai finalement opté pour Recommenceur, car pour arriver à mener à bien ma réalisation j’ai recommencé plusieurs fois les différents éléments de la structure et des détails.

Pour la tour, après avoir essayé le carton fort (3mm d’épaisseur) mouillé et cintré sur une ossature en lattes et constaté qu’au séchage la déformation était maximale, j’ai reconstruit une structure en bois largement inspirée de celle de Michel. En me basant sur le plan de Charles, corrigé par des relevés effectués sur les nombreuses photos du web.

Gros avantage sur tous mes prédécesseurs : j’ai finalement pu profiter d’un plan de mesures exactes, celui du phare jumeau des Pierres Noires, le phare du Four, grâce à la collaboration et aux recherches des membres du forum où les commentaires sur ces constructions avaient lieu, (merci notamment à Bébert, à Xtian et à tous les autres intervenants.)
-  Et avec ce plan, me voici à refaire une troisième structure, correcte celle-là, plus haute de quelques cm et un peu plus large au dessus, car les mesures relevées sur les photos étaient faussées par la perspective due à la prise de vue.


La tour

Examinons la structure de ma tour : Elle est finalement réalisée en planchettes de ctp de peuplier, collées sur le rebord de disques en ctp 8mm matérialisant les planchers des différents étages, ces disque étant enfilés sur un noyau central en tube de carton fort fixé par équerres au centre du disque de la base. La tour en bois est ensuite recouverte uniformément d’une épaisseur de 3mm d’enduit de lissage Polyfilla. Pour arriver à l’uniformité de cette épaisseur, j’ai monté la structure sur un support et j’ai étalé l’enduit par rotation. (voir les photos ici à droite)

Après séchage et durcissement, j’ai dessiné sur l’enduit les différents lits de pierres de construction, en comptant ceux-ci sur les quelques photos en haute résolution du web, ce qui m’a permis de vérifier le placement en hauteur des fenêtres de façade et d’arrière. Les blocs de pierre utilisés pour la construction ne sont pas identiques, et les joints entre les blocs ne présentent pas de ligne de cassure comme sur les murs en brique, où la régularité de la pose est justement recherchée. Ici, afin de résister aux coups de boutoir des vagues, les constructeurs ont justement cherché à éviter la redondance des joints. C’est une chose que je n’avais pas remarqué, et c’est le savoir des intervenants du forum qui m’a permis de reproduire cette irrégularité voulue ! Pour ce faire, après avoir creusé toutes les lignes des joints horizontaux avec un morceau de lame de scie à métaux, j’ai dessiné soigneusement les joints verticaux en usant souvent de la gomme ! ensuite, il a fallut graver ces joints, avec le bout de lame de scie à métaux modifié en crochet.

3875 pierres ont ainsi été gravées en une semaine de boulot.

Revenons à la tour pour constater que le phare du Four n’a pas de balcon, et que je n’en ai donc pas les mesures ! Qu’à cela ne tienne, j’ai contacté le service des Archives des Phares et Balises à Quimper, et leur ai acheté une copie des plans originaux du Pierres Noires. (24 feuillets A3)

Par malheur, le balcon du Pierres Noires n’est pas d’origine et ne figure pas sur les plans !

Par contre, les dimensions exactes des embrasures de la porte d’entrée et des fenêtres de façade et de l’escalier (à l’arrière) me permettront de dessiner correctement le développement de tous ces éléments.

Les fenêtres - 136.4 ko
Les fenêtres
Dessinées en développement, imprimées sur Bristol puis découpées, elles correspondent exactement à la réalité

Recto-Verso - 102.2 ko
Recto-Verso
Il ne s’agit pas de double vitrage, mais de doubles châssis. Sur le vitrage arrière, j’ai collé un scotch mat qui diffusera l’éclat des petites lampes internes

Derrière la porte du premier étage, c’est la cuisine, avec à l’origine une fenêtre qui a été transformée en porte pour desservir le balcon. Au vu de l’épaisseur et de la structure des murs, il est facile de déduire comment la porte a été percée, en supprimant simplement la muraille sous l’appui de fenêtre. Par contre, je ne suis pas certain que l’ouverture a été pratiquée jusqu’au plancher de la cuisine, car finalement la porte que j’ai réalisé sur le balcon est trop grande de quelques mm par rapport à ce que je mesure sur les photos !

Encadrement en Kersanton - 37.1 ko
Encadrement en Kersanton
 
 
La structure du Kersanton - 14.1 ko
La structure du Kersanton

La porte d’entrée du phare est en chêne renforcé depuis bien des années de plaques métalliques. Fort haute, elle fait 2,70 m dans un encadrement en moellons de 3 m d’ouverture, 4 mètres jusqu’au dessus de la clef de voûte. J’ai réalisé cet encadrement en carton. La teinte utilisée pour représenter la pierre nue est basée sur une photo/échantillon du granit de Kersanton, envoyée par un ami breton.

D’autres photos glanées après de longues recherches détaillent correctement la forme exacte du sousbassement du balcon. Les coulures de rouille à cet endroit permettent d’imaginer l’armature en barres à béton qui a été réalisée pour sa construction et sa fixation à la tour


La plateforme

J’ai l’habitude de toujours commencer un projet par les éléments qui présentent le plus de difficulté, partant du principe que quand c’est fait, "le plus dur est fait" !

Parallèlement à la construction assez simple de la tour, j’ai donc entrepris la longue réalisation de la plateforme supérieure du phare, tout en ctp, bois et carton, avec ses nombreuses consoles en corbeaux. Première constatation : le nombre de corbeaux soutenant la plateforme n’apparaît pas clairement sur les photos. Il est de 16 et pas de 14 comme sur le plan de Charles.

La découverte de quelques photos détaillées prise par hélico me permettra aussi de constater la forme exacte de la bâtisse construite au sommet, et de son agrandissement non symétrique. Le phare a été en effet profondément modifié au cours des ans.

La plateforme et la lanterne - 73.5 ko
La plateforme et la lanterne
Le sommet est amovible, permettant d’accédre à la partie technique (transfo, moteur, lampes, spot rotatif)

Patine de la coupole - 31.2 ko
Patine de la coupole
 

Et pour la lanterne, j’ai profité des études et des astuces trouvées par les trois autres modélistes, en évitant les difficultés : la verrière de la lanterne est en plastique (flacon découpé), l’armature n’est pas en laiton soudé mais en bandes de Brisol collées sur ce plastique.

 
Vibrateur deux tons - 16.4 ko
Vibrateur deux tons

La lanterne chapeautera le système rotatif de la lampe avec une simple fonction de couvercle. L’habitude de travailler le papier et le carton m’a été d’une grande aide pour la réalisation de cette lanterne.


La finition et la patine

La mise en peinture du vrai phare se faisait avec le peintre suspendu en rappel ou à bord d’une nacelle suspendue. Pour arriver à reproduire l’irrégularité de la mise en peinture, je l’ai réalisée au petit pinceau de 5mm, en couvrant de petites surfaces successives.

Restait à réaliser le lettrage. Impossible à main levée car ma main n’est plus assez sure, et je n’étais pas convaincu par les pochoirs utilisés par Didier, le principe nécessitant malgré tout une retouche manuelle fine. J’ai donc dessiné le lettrage en vectoriel à l’ordinateur et l’ai imprimé à la jet d’encre, mais j’ai dessiné seulement le filet de contour des lettres. Après découpe soigneuse aux ciseaux et au cutter, je disposais d’un jeu de lettres blanches sur papier fin. J’ai simplement collé ces lettres en place avec de la colle à bois diluée, et j’ai pu ainsi presser le papier mouillé dans les joints gravés, pour un résultat parfait de réalisme. La patine des pierres non peintes du sommet a été réalisée avec de la peinture Humbrol en lavis, car une peinture grise uniforme ne rend pas correctement l’aspect de la pierre taillée.

Le phare donne un éclat toutes les cinq secondes. Après avoir assembé deux systèmes de poulies pour faire tourner le réflecteur, j’ai finalement remplacé le tout par un moteur réducté à 15 tours/minutes en 220v, récupéré sur une pancarte incitant les fumeurs à se prendre pour un beau cow boy, et une réduction supplémentaire 3/1 m’a donné le rythme voulu pour faire tourner un plateau sur lequel est fixée une petite mais puissante torche à led de lampe frontale. Je détaillerai le système dans le prochain article

La structure de base en lattes pour la tour en carton mouillé - 159.7 ko
La structure de base en lattes pour la tour en carton mouillé
Cette structure trop légère n’a pas résisté au séchage du carton. Une nouvellle structure a été fabriquée, toujours avec des disques en ctp enfilés sur un tube de carton (il y aura finalement un disque par étage) puis recouverte entièrement de ctp de peuplier

Enduisage de la tour - 105.8 ko
Enduisage de la tour
Un support rotatif m’a permis d’étaler à la racle une couche régulière d’enduit sur les planchettes de peuplier. Cet enduit sera gravé pour figurer les pierres

Etude préalable - 47.6 ko
Etude préalable
Des "marins malins" permettent de juger les proportions de la porte du balcon, car elle ne figure pas sur le plan

Gargouille

Le fronton de la lanterne est décoré de gargouilles (tête de lions) Qu’il a fallut sculpter puis mouler

La construction est terminée, les pierres sont gravées, il reste à peindre et à patiner le phare.

Le phare est peint avec un petit pinceau de 5mm de large, équivalent à l’échelle d’une brosse de 15 cm

Dans le prochain article qui cloturera cette série inhabituelle, je vous détaillerai la construction de la base du phare : rochers et bout de mer d’Iroise. Des photos en gros plan vous permettront d’apprécier la technique de patine apprise sur un site de maquettes militaires en plastique.