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dimanche 20 août 2017

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Mini-Bateaux

Le Castor.........
ex "Pollux" de Graupner

Olivier Vidal

Il faut bien convenir que ce petit engin, de 358mm de long a un aspect fort sympathique mais un peu trop « jouet de bassin » qui ne satisfait pas du tout notre âme modéliste, encline à tout modifier et à donner à toute réalisation sa touche personnelle.

Il fut donc décidé de ne conserver que la coque, rondouillarde à souhait, et d’essayer de transformer l’apparence et l’esprit du navire, véritable succès commercial au demeurant.

Le kit est toutefois plein d’attraits, en particulier par la taille du bateau qui permettra de l’emmener discrètement partout avec soi et de s’offrir quelques navigations impromptues dans tout plan d’eau de petite taille, il est également d’un prix très modeste, qui devrait permettre aux plus jeunes et aux débutants de s’y intéresser.

Bien entendu, lorsque l’on redessine un bateau, il faut aussi le rebaptiser. Ici l’évidence s’impose et CASTOR conviendra parfaitement, offrant de plus une sympathique évocation du rongeur aquatique qui, tout comme un remorqueur, travaille beaucoup avec la partie postérieure de son anatomie. Détail non négligeable, le jumeau hétérozygote de POLLUX fut engendré par ZEUS, changé en cygne pour la circonstance, ce qui nous ramène encore indirectement aux plans d’eau tant affectionnés du modéliste naval.

LA MOTORISATION
-  Le propulseur utilisé est issu de la gamme du même fabricant, sous la référence 1147.
-  Le servo de barre est de taille standard, ainsi que le récepteur
-  La batterie de propulsion est formée de 4 à 5 éléments Ni Cad de 1250 mAH

On peut charger un peu ce navire, le constructeur annonçant une tare de 400 g, ce qui laisse une certaine marge, et surtout la possibilité de l’équiper de matériel classique, avantage indéniable pour les débutants qui ne disposent que d’une radio 2 voies basique, tout à fait adaptée ici.

Ce projet étant destiné plutôt à des modélistes peu expérimentés, détaillons un peu l’installation de la « machinerie » :
-  En premier lieu, coller le plancher de fond de coque, en même temps que l’arbre d’hélice et le réducteur, pour lequel on aura prévu un petit support sur le plancher. Il faut ici préalablement réaliser un évidement dans le plancher pour pouvoir retirer l’arbre d’hélice par l’intérieur de la coque, ce qui évitera de démonter le gouvernail pour l’enlever par l’extérieur lors des opérations futures d’entretien et de graissage.
-  Ensuite, on monte le servo de barre, le plus en arrière possible et en attaque du palonnier de gouvernail par une tringle droite, difficile de faire plus simple.
-  Puis, toujours en progressant vers la proue, on monte la batterie, bien à plat sur le fond pour respecter un centre de gravité bas, et au dessus d’elle, sur un plancher intermédiaire en c.t.p.fin, on fixera le récepteur, le petit variateur (ref 2735 du même fabricant), et la batterie de réception, bien que l’on puisse se contenter également pour la réception, de la batterie principale en 4,8 ou 6V si l’on a pris soin préalablement de bien déparasiter le moteur. Bien entendu, prévoir un câblage sérieux et soigné de ces éléments, sans oublier le fusible de service, un interrupteur et la prise de charge de la batterie. Tout rentre parfaitement dans la coque, mais cette implantation devra se réaliser avant la pose du pont sous peine de se transformer ensuite en mission impossible, ou au moins très délicate. L’ensemble de l’équipement, à l’exception du moto-réducteur restera toutefois très facilement démontable, pour réparations ou entretien ultérieurs.
-  On peut ensuite coller le pont, qui finit de bien rigidifier l’ensemble.

A ce stade, la seule modification de la coque se situe au niveau de la partie arrière du pavois. Sur le kit d’origine et par simplicité de moulage, elle est verticale, ce qui est assez disgracieux et totalement irréaliste sur ce type de bateau. Une fois le pont collé, et bien sec, il suffit de tailler soigneusement l’Abs à l’arrière à ras du pont et de remplacer la « tôle » de pavois par une pièce en c.t.p. de 0.4mm d’épaisseur en raccordant soigneusement. On peut s’aider d’un morceau de papier fort présenté en place pour tracer le gabarit. L’aspect esthétique et le réalisme y gagnent beaucoup. Soyez minutieux au moment de la découpe des diverses ouvertures dans le pavois, l’épaisseur est faible et l’on a vite fait de déraper. C’est maintenant que l’on abandonne lâchement et définitivement les autres éléments fournis dans le kit à leur triste sort qui les destine irrémédiablement à la poubelle de l’atelier...

Finalement, on démonte l’ensemble des équipements pour réaliser la suite de la construction.

Le gouvernail est refait dans du ctp de 3mm, collé sur la mèche de safran à l’époxy. Les modéliste chevronnés le feront en laiton, bien évidemment.

Ici intervient la deuxième et dernière modification de la coque : on va réaliser une crapaudine, et retoucher la quille au droit de la sortie du tube d’étambot. Le but est d’obtenir un aspect bien plus réaliste pour se rapprocher des formes d’un remorqueur rétro. Voir le schéma pour la forme du gouvernail, qui est compensé.

LA SILHOUETTE

Il devient alors temps d’attaquer les nouvelles superstructures. Ici, rien que du très classique avec une construction en c.t.p. de 1 mm. La timonerie restera couleur bois afin d’avoir ce cachet inimitable des petits remorqueurs du début du siècle dernier. La cheminée est issue d’un tube plastique ou roulée en c.t.p fin ou encore en tube alu de diamètre 25mm. Le seul impératif est de la faire très légère afin de ne pas rajouter du poids en hauteur et favoriser le chavirage. Les manches à air sont réalisées en tube alu de 5mm, leur pavillon étant embouti en alu, ou laiton fin. Le crochet de remorquage est en alu, le ressort amortisseur étant simulé par un fil de soudure enroulé. Sur l’arrière, prévoir un petit caillebotis pour cacher le mécanisme de barre. Bref, le lecteur l’aura compris, l’ensemble de l’accastillage est fait main, ou issu de pièces du commerce. Seules les bittes d’amarrage du kit ont été conservées

L’important est de faire quelque chose de vraisemblable, en évitant les erreurs d’échelle pour obtenir un bateau imaginaire mais harmonieux et finalement vraisemblable, tout en restant dans l’esprit « modèle réduit ».

Prévoir la totalité des pièces et leur implantation avant d’attaquer la peinture. C’est un moment passionnant de la construction, où l’on peut s’inspirer pour les détails de navires existants de la même époque et du même type, ou bien de photos d’archives, etc... On se régale en ayant l’impression d’avoir son remorqueur sur commande personnelle.

Une fois tout cela réalisé, il est justement temps de donner quelques couleurs à notre navire.

Il existe dans la gamme du constructeur Allemand « GRAUPNER » un kit de petit remorqueur, le POLLUX. Aux dernières nouvelles, ce kit serait indisponible, toutefois avec un peu de chance on doit pouvoir encore le trouver chez des revendeurs, oublié sur une étagère ou via Internet.

C’est un bateau miniature, de dessin libre, inspiré de remorqueurs portuaires standard que l’on peut rencontrer presque partout dans le monde.

Le POLLUX dans la version Graupner d’origine - 14.6 ko
Le POLLUX dans la version Graupner d’origine


LES MODIFICATIONS

A l’ouverture de la boite, on s’empressera donc de mettre de coté (qui a dit « jeter » ?) les superstructures en ABS et de s’attaquer à la première étape incontournable de la construction sur une coque finie : L’installation du propulseur et de la radio. L’ABS est une matière assez désagréable à travailler, se collant mal, molle et cassante. Toutefois, les collages sont finalement effectués avec succès à l’Epoxy, en prenant soin alors de bien dépolir les surfaces à assembler pour un bon accrochage. Il ne faut pas à ce stade, s’inquiéter du manque apparent de rigidité de la coque, le collage du plancher de fond et surtout du pont lui donnera beaucoup de tenue.

A ce stade, le petit remorqueur prend forme et surtout commence à ressembler à quelque chose... Il faut encore peaufiner tout cela, et rajouter tous les petits détails qui rendront ce navire vivant et réaliste : cordages sur le pont, caisses, bidons, etc...Tout le fouillis pouvant traîner sur un bateau de travail en fonction. Une fois de plus, chacun laissera libre cours à son imagination, et connaîtra la joie de réaliser sa propre finition, selon son inspiration et ses goûts personnels. En fait, on réalisera le CASTOR comme on aimerait le découvrir un jour, à l’amarre au détour d’un quai ou plus simplement sur le présentoir d’un détaillant de modèles réduits. Les modélistes « pointus » pourront réaliser un effet de vieillissement de l’ensemble, avec traces de rouille, d’usure, etc... La seule limite sera la compétence de chacun.

Il reste alors à remonter l’équipement du navire, propulsion et radio, ce qui ne devrait pas poser le moindre problème puisque tout est déjà préalablement ajusté. On se trouve maintenant face à un bateau terminé, décoré et équipé, et il devient clair que la phase suivante va consister en premiers essais. Une dernière étape, toutefois, avant de lâcher le CASTOR dans son élément liquide : L’équilibrage. C’est une opération sur laquelle il ne faut pas faire impasse sur un bateau de cette petite taille. Le moindre défaut d’équilibrage se révèlera par une attitude disgracieuse sur l’eau voire par une navigation dangereuse avec des risques de chavirage. Dans ce cas précis, il a suffi de rajouter 16 grammes de plomb à l’arrière du navire pour parfaire son assiette.

A L’EAU

La toute première mise à l’eau a lieu en bassin. Dés la mise des « gaz », une évidence s’impose : Le CASTOR est sur motorisé ! La puissance du moteur est largement supérieure aux besoins de l’engin, et la marche plein gaz est assez irréaliste du point de vue vitesse et vague d’étrave. On privilégiera plutôt les évolutions au quart du régime maximum, et le Castor se pilotera en manœuvres lentes, simplement en actionnant le trim de la voie correspondante. Mais tempérons cette impression car nous avons mis une propulsion en 5 éléments, alors que le bateau doit être plus sage en 4 éléments. Il restera de la puissance à en revendre pour ceux qui voudront s’amuser à remorquer des charges réelles, et l’on se prend à rêver de la réalisation d’une barge à la même échelle. Pourquoi pas ? Elle serait fort simple à réaliser, et agrémenterait les navigations par la diversité des manœuvres que l’on peut effectuer avec, avec diverses combinaisons de lest. Pour le reste, la maniabilité est excellente, le débattement maximum du gouvernail ayant été retenu, et le Castor vire quasiment sur place. La marche arrière reste correcte, avec une maniabilité réduite mais encore bien efficace. Une variante fort intéressante serait de remplacer le gouvernail par une tuyère, c’est une alternative à essayer. Lors des virages serrés, la prise de gîte est faible, grâce au bon équilibrage du bateau, et aux équipements bien placés au fond de la coque.

La conduite de l’ensemble est vive et très amusante, à l’exception de la légère résonance du réducteur dans la coque plastique qui amplifie son bruit pas très agréable. L’assiette de la coque sur l’eau est légèrement trop en avant, certainement du fait de la forme des superstructures ramassées sur la proue, et il ne faudra donc pas hésiter à installer les équipements le plus en arrière possible pour un centrage correct, mais finalement cela rajoute du réalisme à l’allure du remorqueur sur l’eau qui a l’air de « bourrer » un peu en avançant, tout comme ses congénères à l’échelle 1 !

En conclusion, tant pour le modéliste débutant que pour le confirmé qui voudra s’amuser et détailler à l’extrême son oeuvre, ce projet est attractif car ce petit remorqueur offre un aspect tout à fait rétro et plaisant sur l’eau, et de plus il est d’une efficacité certaine. Très peu encombrant, il accompagnera partout son constructeur pour des navigations dans des endroits insolites.

LA PEINTURE

Une fois tout cela réalisé, il est justement temps de donner quelques couleurs à notre navire. Une fois de plus, on se laissera porter par son imagination, ou bien on s’inspirera de bateaux réels, en évitant les fautes de goût, du type couleurs trop criardes ou inadaptées. Le navire est peint de teintes mates, ou satinées, la timonerie restant en bois raisonnablement verni, il ne s’agit pas ici d’obtenir une finition destinée à rendre jaloux un propriétaire de « Chris-craft » pour ce qui n’est qu’un bateau de travail, traité « à la dure ». Les peintures utilisées pour le CASTOR sont bien connues des maquettistes, de la marque Humbrol, et voici leurs références pour ceux qui voudraient réaliser les mêmes nuances :

-  Pont : Matt 27
-  Manches, bittes, toit cabine : Matt 34
-  Arrière des superstructures : Matt 81
-  Œuvres mortes, cheminée, treuil : Matt 33
-  Œuvres vives : Matt 100

Leur application s’est faite à l’aérographe, mais bien entendu, le pinceau utilisé avec soin peut aussi convenir. Attention à la manipulation des éléments peints en début de séchage, les nuances mates se marquant facilement.

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