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jeudi 22 juin 2017

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Towboat RMT SETTOON

RMT Settoon : la grue

Thierry Jorissens

Les animations sur un modèle réduit sont clairement le plus spectaculaire. Faire des ronds dans l’eau, c’est bien, exposer un beau modèle, c’est tout aussi bien. Mais quand le spectateur peut voir bouger quelque chose, il s’émerveille : outre les lampes diverses, le radar est évidemment le plus classique.

La deuxième animation mobile la plus fréquente est probablement la grue. Beaucoup de bateaux possèdent au moins une grue : depuis la petite grue de manutention manuelle des péniches aux énormes grues hydrauliques multi-bras des vraquiers, on en trouve plusieurs centaines de modèles différents. Une grue est assez facile à rendre mobile, mais la faire fonctionner réellement à distance est bien plus amusant !

Continuant ma série d’articles sur la conception de A à Z d’un modèle, je vous propose de détailler la grue que j’ai installée sur le RMT SETTOON. Il s’agit plutôt d’une petite grue de manutention, mais motorisée, et capable de charger et décharger des objets déjà lourds et encombrants à bord.

Le RMT SETTOON en navigation - 171 ko
Le RMT SETTOON en navigation
Vue d’ensemble du bateau, on voit bien la "frêle" grue (noire) à l’arrière du pont supérieur, au crochet de laquelle est attachée l’annexe, qui repose sur deux supports fixés contre la paroi arrière du rez.

J’ai reproduit les deux fonctions de base : la rotation, et l’enroulement/déroulement du câble auquel est accrochée la charge, au bout de la flèche de la grue. Mais à l’instar de l’ensemble du bateau, je voulais que cela soit le plus réaliste possible. J’ai donc cherché comment réaliser par exemple, un treuil à l’échelle, mais qui soit réellement l’entraineur du câble, et pas un simple tambour sur lequel un tour mort de câble simule l’enroulement, alors que ce dernier serait en réalité assuré par un gros treuil caché dans la cale ! D’ailleurs, la grue étant fixée sur le pont supérieur, il n’y a pas de cale en dessous, mais... la salle de bains !

La grue sur le pont - 159.1 ko
La grue sur le pont
Le boitier blanc est vide mais représente le bloc de commande avec ses manos et ses deux manettes. La flèche blanche montre une LED qui s’allume lorsque les circuits de la grue sont sous tension avec un levier maintenu actionné sur la télécommande. La flèche verte pointe sur le moteur factice auquel est accolé le treuil (flèche jaune), qui enroule/déroule réellement le câble. Celui-ci passe par 3 poulies fixées tout au long de la grue et est terminé par un crochet auquel est attachée l’annexe (détails dans le prochain article !). La flèche bleue pointe le fût, fixe, renforcé par quatre équerres en laiton à sa base (le fût est un tube laiton), tandis que la flèche rouge montre l’axe de la grue, qui tourne dans le fût (l’axe est un rond de laiton).

J’avais donc très peu de place pour installer un mécanisme que je voulais réaliste et fonctionnel. J’ai opté pour un mini-moteur réducté fixé à l’extérieur de la paroi, dissimulé dans ce qui pourrait représenter un extracteur d’air de la salle de bain. En tous cas, ce boitier externe n’est pas un "coup de poing dans l’œil" ! Ce mini-moteur entraine par un engrenage passant à travers le pont, un treuil (un simple tambour en fait) positionné contre un moteur factice qui représente le moteur électrique du treuil sur le vrai bateau. En fonctionnement, visuellement, c’est réellement ce tambour qui tourne et qui enroule/déroule le câble.

La rotation est assurée par un servo auquel est fixé un engrenage de grand diamètre, qui s’engrène sur un autre deux fois plus petit solidaire de l’axe de la grue. Cela permet une rotation à 180°, sans nécessiter de contacts de fin de course, puisque le servo est auto-limité en rotation. Ce servo et les engrenages sont dissimulés dans une armoire au plafond de la salle de bains.

Si la rotation est automatiquement limitée et donc ne risque pas de détruire quoi que ce soit, le treuil, lui, doit être arrêté manuellement. En réalité, il s’agit d’un levier sur la télécommande "1-0-1" pour les deux sens d’enroulement/déroulement. Tant que le levier est poussé/tiré, le tambour tourne dans un sens ou dans l’autre. Dès le relâchement du levier, le tambour s’arrête. Mais pour éviter d’accrocher le levier en question lors d’une fausse manipulation et risquer de casser quelque chose, j’ai introduit une sécurité : un autre interrupteur poussoir qu’il faut manipuler de l’autre main sur la télécommande, interrupteur qui joue le rôle de coupe-circuit pour les circuits électriques de la grue. Si ce levier n’est pas maintenu, les autres commandes (pour la rotation de la grue ou son treuil) sont inopérantes.

Cette animation est tellement classique et facile à réaliser, qu’il serait dommage de laisser ce genre de grue "statique", d’autant que cela reste toujours spectaculaire ! Je peux vous assurer que lorsque je dis aux spectateurs que la grue met réellement l’annexe du RMT SETTOON à l’eau et la remonte à bord, ils l’examinent d’abord, et peinent à croire que cela fonctionne réellement : ils soupèsent l’annexe et la pensent bien trop lourde au vu de la taille de la grue qui leur parait si frêle, et pourtant !...

Gros plan sur le pied du fût, le treuil fonctionnel, et le moteur factice. Entre ces deux éléments on voit le cache qui dissimule l’engrenage entrainant le treuil. Sous le pont, le boitier grillagé dissimule, lui, le vrai mini-moteur réducté qui entraine le treuil. Le treuil est composé d’un tube laiton auquel sont soudées deux rondelles. Les supports sont en CTP 1 mm, le moteur factice vient de Cap-Maquettes ainsi que les poulies.

Vue d’ensemble du mécanisme : la flèche rouge montre le mini-moteur réducté, avec son engrenage blanc. Cet ensemble est caché par le boitier externe grillagé. Au-dessus du pont, le treuil (tambour pointé par la flèche bleue) est solidaire d’un autre engrenage (entrainé par le précédent), dissimulé sous un cache faisant le lien entre le treuil et le moteur factice. La flèche jaune montre le servo standard assurant la rotation de la grue, par l’intermédiaire des deux engrenages noir (sur le servo) et blanc (solidaire de l’axe - voir flèche verte - de la grue).

Le mécanisme de la rotation, vu de profil. On voit bien qu’il est dissimulé derrière une armoire dont on voit l’avant et le fond duquel dépasse le servo. Le fût de la grue est un tube de laiton (dans lequel tourne l’axe, un rond de laiton) qui traverse le pont puis le bloc de bois collé sous le pont, visible derrière la LED. L’engrenage blanc fixé à l’axe empêche celui-ci de sortir par le haut alors que le fond de l’armoire l’empêche de sortir par le bas. Il suffit de déserrer la vis de l’engrenage blanc pour sortir l’axe du fût par le haut.

Vue de l’intérieur de la salle de bains : à gauche, pont supérieur enlevé, à droite, pont supérieur installé. On voit bien l’armoire dissimulant le mécanisme de rotation de la grue.