Navimodélisme RC - Webzine de modélisme naval radiocommandé

mardi 25 avril 2017

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Poissons, Requins et autres bestioles

Du fun sans rien construire...

Thierry Jorissens

Que peut-on faire un week-end pluvieux, quand on a quelques heures à tuer, et qu’il reste dans les tiroirs des pièces inutilisées ou récupérées ci ou là ?

On peut bien sûr ne pas s’occuper des tiroirs en question et relire quelques pages de NavimodélismeRC, ou se décider à les imprimer pour une consultation ultérieure...

Ou alors, on peut se prendre encore moins au sérieux qu’avec les springers, et décider d’animer ce "foutu" canard en plastique qui encombre, plus qu’il ne garnit, la petite mare du jardin...

Vous savez : ce fameux Anas platyrhynchos (dixit les romains) que l’on trouve dans la moindre solderie et sur les brocantes, ou sur n’importe quel site internet qui vend tout (et n’importe quoi)... bref, ceci :

Que celui qui n’a jamais vu cela quelque part me jette la première pierre !

En réalité, il est tellement simple de lui donner vie qu’il est étonnant de ne pas en voir plus lors des expos ou autres sorties de modélisme naval. Même un Springer est plus difficile à fabriquer, c’est dire ! ! !

Cela ne nécessite que quelques composants, que l’on a probablement tous "en stock".
En voici la liste très, mais vraiment très exhaustive :

-   Une radio basique 2 voies (ou plus, mais 2 seulement seront utilisées...) et un récepteur 2 voies
-   Un moteur absolument quelconque (mais en ordre de marche... le mien est à charbons et a été récupéré de mon ancienne imprimante) de Ø 20 à 32 mm (plus, il serait trop lourd)
-   Un petit variateur de vitesse (si vous n’en avez pas, celui illustré vaut 7 euros chez Hobby King...)
-   Un mini servo quelconque (il y en a dans le petit hélico cassé - ou en passe de le devenir - du gamin...).
-   Une petite hélice de 25-30 mm, même artisanale, en n’importe quelle matière : plastique ou laiton (le tissu, je n’ai pas essayé !)
-   Un arbre et son tube d’étambot de 8-10 cm, même artisanaux. Pas un arbre en bois avec des feuilles, mais une tige de métal, évidemment !
-   Un petit manchon en caoutchouc servant de cardan, ou un vrai cardan, ou un morceau de tube d’encre d’un stylo à bille... ou n’importe quoi d’autre pour relier l’arbre de l’hélice à l’axe du moteur...
-   Un peu de colle époxy ou Stabilit Express ou cyano ou colle à chaud etc.
-   Un peu de mousse (isolant phonique) ou de caoutchouc (chambre à air) ou un peu de feutre d’isolation ou de morceau de joint de fenêtre quelconque pour un minimum d’étanchéité
-   Un tout petit morceau de tube et un rond de laiton ou d’alu un peu plus grand qui coulisse dedans, pour le gouvernail
-   Un guignol pour commander le gouvernail depuis le servo. Si vous n’en avez pas, cherchez un peu sur ce site, vous trouverez même comment en réaliser avec un "domino" par exemple ou avec les bornes en laiton d’une pile 4,5V et un fer à souder...
-   Un morceau de fil de fer pour raccorder le servo au guignol (si vous n’en avez pas ( ??!??) vous pouvez utiliser une dent d’une fourchette, elle restera fonctionnelle quand même)
-   Quelques morceaux de bois pour fabriquer un support pour le moteur (ou un petit morceau d’alu, par exemple la vieille latte graduée de la gamine qui n’en veut plus parce qu’elle n’est pas à l’effigie de la Reine des Neiges...), un deuxième pour le servo et un dernier pour le tube de jaumière. L’essence du bois est totalement sans importance tant que c’est du bois d’arbre, et là c’est bien d’un arbre avec des feuilles dont on parle...
-   Quelques déchets de velcro pour arrimer les composants. Ne jeter plus vos vieilles "sandales à scratch" !
-   Une batterie de 6V (genre alimentation de récepteur) ou une petite LiPo 2S de 700 à 2000 mAh (6 à 10 euros chez Hobby King...). Les piles de la calculatrices conviennent aussi, de toutes façons il y a une calculette sur votre smartphone...
-   Une scie, un cutter, un réglet métallique ou en plastique, une paire de ciseau, un petit tournevis plat et un autre en croix, une table et une chaise (le lit ne convient pas). Prévoir une trousse de secours si on a deux mains gauches...
-   Deux jours libres, si possible sans "les petits" à garder ni les voisins qui s’invitent. Deux jours pluvieux donnent plus de courage mais ce n’est pas indispensable...

ET... et LE fameux canard en plastique, Saturnin de son prénom (tous les canards s’appellent Saturnin, exactement comme tous les hommes s’appelaient Pierre et non Albert ou Emile à l’âge de Pierre sinon on parlerait de l’âge d’Albert ou de l’âge d’Emile, c’est élémentaire).

Un petit condensé du matériel nécessaire : probablement rien d’introuvable dans les fonds de tiroirs, ou, à la limite, pour un investissement d’une vingtaine d’euros !

La réalisation

Elle est tellement simple que je ne ferai à personne l’injure de l’expliquer en détails. En gros, il y deux étapes :

-  1/ Découpez précautionneusement le dessus du dos canard de manière à créer un large accès à l’intérieur. Attention, le cutter coupe très bien les doigts, mieux même que le plastique de Saturnin : prudence ! (Gardez la trousse de secours à portée de la main prenant le moins de risque...)
-  2/ Découpez à la scie les supports du moteur, du servo et du tube de jaumière dans le bois, et collez le tout à l’intérieur en bonne place, puis installez le moteur, le servo et le tube de jaumière, percez le fond du canard pour faire passer le tube d’étambot dans lequel vous insérez l’arbre auquel vous fixez l’hélice (à l’extérieur) et le manchon (à l’intérieur) pour l’accouplement avec le moteur, puis vous raccordez le moteur au variateur et ce dernier à la batterie que vous installez à l’opposé du moteur pour l’équilibrage, vous raccordez ensuite grâce au fil de fer ou la dent de fourchette le servo au gouvernail que vous avez préalablement réalisé dans un morceau de bois traversé par un rond de laiton qui coulisse dans le tube de jaumière, puis vous raccordez le variateur et le servo au récepteur qui sera alimenté par le système BEC du variateur, et enfin vous réalisez l’étanchéité autour de l’ouverture réalisée précédemment puis vous ajustez le couvercle éventuellement avec une vis ou du scotch ou de la colle, mais dans ce cas cela sera plus gênant quand il faudra changer les piles...
Ouf !
J’ai raccourci le texte de la description de la deuxième étape (pour ne pas être trop long)... et j’ai mis un dizaine de virgules pour que vous puissiez reprendre votre souffle !


Voilà, vous vous êtes fait plaisir (en tous cas c’était mon cas !), et je vous assure que sur un plan d’eau, Saturnin ne passera pas inaperçu du tout ! Ni des passants, ni des vrais canards ou des autres bestioles de la famille des anatidés ou de leur sous-famille les anatinés !

Terminons un peu plus sérieusement avec quelques photos dans la colonne de droite, qui j’espère et je le souhaite, donneront envie à plus d’un de se lancer dans cette aventure moins incroyable qu’hilarante !

Agrandir cette image
Si, si, cherchez bien ! : Saturnin est bien l’un des cinq canards qui se baladent sur le lac de Vielsalm... Un indice : c’est le seul Colvert en plastique dans l’image !...

Début de l’installation : les supports du moteur, du servo et du tube de jaumière sont collés ; l’étambot et l’axe d’hélice sont positionnés dans l’alignement de l’axe du moteur (déjà fixé)

L’étambot est collé, le manchon (inséré en force !) a fait la liaison entre le moteur et l’arbre d’hélice, Le servo de direction est en place, la bande d’étanchéité en mousse est en cours de collage. Tout à fait à droite on voit le système retenu pour la fixation du "couvercle" : un morceau de bois collé au corps permettant d’y visser le dos.

Vue de dessus montrant l’implantation finale de tous les composants.

Autre vue de l’intérieur.

...Et puisque cela ne coûte rien, une troisième vue interne !

Vue sur le système d’emboitement du dos, et l’interrupteur de mise sous tension.

Saturnin est terminé. Celui qui ne voit pas la transformation du canard d’origine doit d’urgence contacter un oculiste ! A l’endroit que la décence m’interdit de nommer, "l’appendice" que l’on distingue est l’attache qui me permettra de "remorquer" la progéniture de Saturnin

Je ne suis pas le premier à transformer un canard en plastique, et j’ai fait au plus simple. D’autres ont fait bien plus fort en articulant par exemple la tête. Il reste à trouver quelqu’un qui en plus, lui greffera des palmes : cela a peut-être même déjà été réalisé puisque j’ai déjà vu un "bateau à pattes"...