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mardi 27 juin 2017

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L’Antarès série 6 de Bénéteau

Le ski nautique au 1/8e

André Guignet

C’est un peu par hasard que je me suis interressé à ce problème : faire une skieuse au 1/8e et la tirer derrière une vedette électrique. En thermique, ce n’est pas une nouveauté, cela à déjà été fait à de nombreuses reprises. En électrique c’est tout de même plus difficile, la puissance et la grandeur du bateau étant à considèrer. L’échelle 1/8e implique des maquettes imposantes qui demandent de la puissance, d’où de nombreuses difficultés à résoudre. C’est une technique que j’essaie de perfectionner depuis de nombreuses années. Les résultats sont encore à améliorer, même si l’on peut considérer que c’est en bonne voie, et que les démonstrations remportent un grand succès.

« Jamos » et sa skieuse  - 52.7 ko
« Jamos » et sa skieuse

Souvent, au bord de l’eau les questions les plus fréquentes sont :
-  comment faites vous ?
-  quelles sont les dimensions de la poupée ?
-  comment ça marche ?

Dans cet article, je vais essayer de répondre à toutes ces questions.

La poupée

C’est le plus simple, pas de panique ! Il s’agit d’ une poupée mannequin standard, style Barbie. Elle subira simplement un léger relooking. Donc, se procurer une poupée de 22 à 23 cm. (je sais, c’est un peu grand, mais c’est plutôt un atout : sur le plan d’eau elle sera bien visible !) l’habiller de couleur vive, lui mettre dans les cheveux un grand ruban de couleur qui se remarquera de loin. Maintenant, direction l’atelier, pour une manipulation dite d’adaptation et renforcement, une sorte de stage . On va la déshabiller et rechercher ses points faibles (arrêtez de phantasmer !!!) : renforcer la fixation des jambes, des bras et de la tête, et préparer les pieds en vue de la fixation sur les skis.

Une jolie skieuse monoski en cours de montage - 60.6 ko
Une jolie skieuse monoski en cours de montage
Pour renforcer, deux éléments seront principalement utilisés : le fil de laiton (ou le tube) et la colle à deux composants. Le fil de laiton de 3 mm sera recuit pour augmenter sa malléabilité. Deux tiges seront passées sur toute la longueur des jambes, une autre tige rassemblera les bras au travers des épaules, une quatrième renforcera le niveau des cuisses. Il faut enfiler ces tiges et en recourber les extrémités dépassantes afin de ne pas gèner la remise en place des vêtements. La position des bras est libre, mais les mains seront fixées sur un tube d’ alu ou de laiton de 30 mm de long, servant de poignée. Fixation par mini vis de 2,5 mm.

Dès ce moment notre skieuse est prête à skier : elle est très rigide, mais les articulations du corps et des bras restent malgré-tout fort souples.

La fixation des pieds sur les skis peut être envisagée : on avait coupé l’extrémité des pieds pour rentrer la tige, on va fixer le dépassant de cette tige sur le ski avec une colle deux composants à prise lente. Bien laisser sécher.

Les skis

La fabrication des skis a déja fait l’objet d’articles de la part de quelques modèlistes dans les revues spécialisées. Chacun est arrivé, à peu près, aux mêmes résultats, la longueur est en quelque sorte standardisée, les systèmes de fixations vers le bateau se ressemblent toujours un peu. Ce n’est pas une mince affaire ! Il est certain que l’on ne peut pas copier la réalité, qu’il faut adapter au modèle réduit les techniques présentes en grandeur réelle. La longueur des skis sera surdimensionnée, mais doit rester crédible. Les proportions de la poupée autorise quelques libertés avec la réalité (le corps de Barbie est beaucoup plus élancé que le corps humain).

skieuse à deux skis

Pour commencer, je vais décrire des skis traditionnels. Les dimensions sont 32cm de long sur 3,5cm de large pour chaque ski, un espace de 4 cm sépare les deux ski. Les deux skis sont reliés ensemble par deux tubes d’alu de 4 mm de diamètre, fixés sur leurs extrémités aplaties par des vis de 2mm (deux sur chaque skis). La forme avant du ski dont le relevé assez important est obtenu avec deux cordes qui maintiennent deux cales de bois pour obtenir la courbure désirée. La photo ci-dessous donne une idée du montage.

Détail de la courbure du ski - 59.2 ko
Détail de la courbure du ski
Un système de tendeurs donne la courbure. J’abandonnerai ce système au profit de ski moulés.

Au fil du temps les skis ont pris des formes particulières (l’eau et les efforts exercés par le bateau ont modifiés la forme initiale),il est apparu un vrillage entre l’avant et l’arrière : mais cela ne gène pas le comportement de la skieuse sur l’eau. Ce que je veux dire c’est que la skieuse ne nécessite pas une rigueur absolue dans le montage , des variantes peuvent être envisagées.

Le fil qui relie la skieuse au bateau est fixé à la poignée entre les mains de la skieuse, il passe par l’anneau à l’arrière du bateau, et revient se fixer au tube d’alu qui maintient les deux skis. Il y a 2m à 2,50m entre le bateau et la skieuse donc 4 ou 5m de fil. Dans certains articles parus il y a quelques années, il était préconisé un seul fil vers le bateau. Il était même quelquefois envisagé de poser des « redans » sous les skis pour leur donner une direction et d’éviter de suivre trop le sillage du bateau. Je n’ai pas vérifié si ces systèmes donneraient de meilleurs résultats.

Je vais maintenant aborder d’autres solutions : une skieuse monoski, ou un ensemble de deux skieuses monoski (dont j’ai en ce moment un exemplaire à l’essai.

skieuse monoski

On peut s’orienter sur deux modèles , une skieuse avec un monoski comme il y en a en grandeur réelle, c’est à dire court et assez large, mais cela parait tellement défier les lois de l’équilibre que j’ai renoncé à cette forme. J’ai cherché un modèle plus stable. Une sorte de planche à voile (photo de l’oryx rouge) , une planche que j’ai construite comme une coque de bateau, sur couples avec un lest au plus bas. Et même, pour donner plus de maniabilité, une petite gouverne comme sous les vrais planches. Le résultat me convient, c’est proche de la réalité. Les essais ont été catastrophiques...rien ne va !! l’équilibre insuffisant ne permet pas de tracter correctement, lorsque la poupée tombe dans un virage ou par manque de vitesse elle ne se redresse pas automatiquement en reprenant de la vitesse. J’ai abandonné ce projet monoski mais peut être que quelqu’un saura l’améliorer.

Détail sur les monoskis  - 78.7 ko
Détail sur les monoskis
Monoskis moulés. On pourrait aussi les faire en bois moulé, comme décrit dans la rubrique technique

Un autre modèle de ski a été construit, c’est celui qui me sert actuellement sur l’ensemble deux skieuses. Un ski long, dimension similaire au modèle à deux skis, avec une largeur un peu plus grande. J’ai moulé l’avant pour obtenir la courbure du ski, finis les tendurs à ficelle !! (c’est cela l’acquis des années de recherches). J’ai à peine modifié la position de la poupée, juste un peu plus de précision dans le montage. Cette solution ne fonctionne que partiellement : il faut beaucoup de vitesse pour obtenir l’équilibre ; les virages doivent s’effectuer plein gaz ; la moindre chute ne permet toujours pas de se relever par la vitesse. Des heures de mise au point devraient permettre d’arriver à quelque chose ....affaire à suivre !

Deux skieuses à monoski

C’est l’ensemble que j’essaie en ce moment. J’ai déja tracté ces deux skieuses derrière la vedette « Jamos », les essais autorisent à l’optimisme.Il y a des solutions qui vont permettre d’arriver à un bon résultat. Je vais aussi essayer de passer sur un tremplin (déja réalisé en thermique).

Les premiers essais de deux skieuses en monoski - 74.7 ko
Les premiers essais de deux skieuses en monoski

Mes skieuses sont pour l’instant assez instables, elles manquent d’équilibre, l’une ou l’autre à tendance à ne pas suivre le bateau, ou à « plonger ». Il est vrai qu’en thermique j’ai souvent vu des ensembles de 2 ou plus de 3 skieuses assemblées entre elle par un grand renfort de tiges et de cordes à piano.

Mes skieuses sont reliées par deux tubes en alu fixés sur les skis, cela ne se voit presque pas en démonstration. C’est plus difficile, car lorsque les skieuses sont immobiles sur l’eau elles se comportent comme des vrais : elles ne tiennent pas sur l’eau, elles tombent et coulent.

Plusieurs modèles aux essais - 69.2 ko
Plusieurs modèles aux essais

Conclusion

Je vous ai décrit les trois skieuses que j’utilise, la plus facile à construire et à tirer avec un bateau est sans conteste la classique « deux skis ». La monoski nécessite une grande vitesse et reste très instable. Pour l’ensemble deux skieuses équipées de monoski, je pense qu’avec le retour des beaux jours je pourrai affiner la mise au point et vous pourrai sûrement vous signaler dans une prochaine brève la réussite de ce projet.

J’espère par cet article vous avoir communiqué l’envie de construire ce genre de modèle et de l’animer avec une skieuse, d’essayer cette formule encore peu répandue au bord des plans d’eau.