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samedi 25 novembre 2017

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Springers

Présentation des Springer

Thierry Jorissens

Un peu de théorie avant les photos...

On trouve très facilement sur Internet les plans de la coque (merci Google, et surtout merci le site RCGROUPS : plus de 600 pages de lecture, des plans et des milliers de photos !). Ou mieux encore, à part lire NavimodelismeRC, on peut se procurer la revue MRB d’août 2009, le numéro 549 qui inclut un plan encarté complet, très simple à comprendre, et aussi les plans de trois superstructures différentes et adaptables !.

LA COQUE STANDARD

-  La coque d’un springer est constituée de cinq morceaux de bois : l’avant, l’arrière, les deux cotés, et le fond, un point c’est tout ! Le devis de poids n’a aucune importance car il faudra de toutes façons lester la coque. Je propose donc de découper ces éléments dans du ctp très épais : 8 ou 10mm (sans rire). En ce qui me concerne, j’utilise même parfois du 18 ou 20mm pour l’avant et l’arrière. Ces épaisseurs généreuses ont deux buts : la solidité (surtout si on envisage de jouer au water-polo), et la possibilité de clouer la pièce du fond (en 3 ou 4mm mais en une seule pièce !) sur les quatre côtés du springer. En fait on fabrique une boîte à chaussure profilée, ni plus ni moins...
-  Le pont (une simple planche plate rectangulaire) du modèle "officiel" est collé à la coque, en ménageant deux trappes permettant l’accès, l’une au moteur et aux batteries, l’autre à la mèche du gouvernail. Ces trappes étant équipées d’une hiloire très importante, l’étanchéité de la coque est garantie ! Pourtant, je préconise un autre système, permettant à la fois un accès beaucoup plus aisé aux entrailles, et la possibilité bien plus facile de changer les superstructures pour faire plusieurs springers avec une seule coque : Je ne colle pas le pont à la coque, mais je l’équipe d’une "hiloire inversée", exactement comme... le couvercle d’une boîte à chaussure ! Le pont s’emboîte alors sur la coque. L’étanchéité pourrait être un problème dans ce cas, mais la solution existe (évidemment ! ) : Tout d’abord je colle sous le pont un cadre en baguette de 10x5 ou 10x10mm qui, lui, s’emboîte DANS la coque. Et je colle sur tout le pourtour de la coque un joint en mousse. La coque est ainsi prise en sandwich entre le cadre intérieur collé sous le pont et le pourtour extérieur du pont. Le joint s’écrase sous le pont et garantit l’étanchéité. Sans se prendre la tête, sans technique sophistiquée, sans matériel coûteux... et ça marche !

LA TECHNIQUE STANDARD

Le springer "officiel" est équipé d’une hélice de maximum 40mm. Mais rien n’empêche de modifier ceci... La configuration classique reste simple et pas chère : un moteur "de récup" d’une visseuse (ou un moteur série 500), un arbre de 9 à 17 cm (selon ce qu’on a ou ce qu’on trouve !). Eventuellement un cardan pour corriger le risque de défaut d’alignement, mais ce n’est pas indispensable. Le gouvernail "officiel" a une surface de maximum 10cm². Mais rien n’empêche de modifier ceci... Un simple morceau de bois traversé par une tige (filetée, c’est mieux !), elle-même enfilée dans un tube débouchant dans la coque au-dessus du niveau de flottaison, fait un parfait gouvernail de springer. On peut améliorer la manoeuvrabilité en collant en bout de safran, en oblique, une baguette carrée dont un des coins est poncé en chanfrein jusqu’à une largeur égale à l’épaisseur du safran. Certains l’appellent "queue de saumon". Cela simulera grossièrement l’effet d’un gouvernail "becker", sans cinétique délicate à mettre en œuvre, mais l’effet est surprenant : la réactivité en est même déconcertante au début... Le matériel électronique se résume à un servo (vraiment de base) pour le gouvernail, un variateur pour le moteur (20A suffisent amplement !) et un ensemble radio avec récepteur (2 voies suffisent !). Ce matériel, même s’il doit être acheté, ne dépasse pas le budget de 20 paquets de cigarettes ou 40 bières... et c’est meilleur pour la santé ! En seconde main, on divise par deux ou trois...

Après la théorie place à la pratique... en photos

La construction de la coque est un simple assemblage à angle droit des quatre morceaux de bois. Quelques clous renforcent l’assemblage et assurent la pression requise pour l’efficacité de la colle à bois. Cependant deux serre-joints en plus, c’est mieux ! Il suffira de poncer l’avant et l’arrière pour que leur tranche suive le profil de la coque. La cinquième pièce visible, triangulaire, est la quille d’étambot qui sera installée plus tard, après le fond.

Le fond en une seule pièce est découpé dans du ctp 3mm (même de mauvaise qualité !) dans le sens « qui plie le mieux », puis est collé abondamment et cloué : pas besoin de serre-joints ici, ça tombe bien, car comme le fond est courbe, les serre-joints ne tiennent pas sans montage particulier... inutile ! Une fois la colle sèche, la coque est pour ainsi prête... (bon, oui, d’accord, il faut poncer un peu et passer deux ou trois couches de G4, puis après, trois options : maroufler à la résine et à la fibre de verre si on veut un springer-tank, ou simplement enduire et poncer beaucoup si on veut un Springer-Yacht, ou... ne rien faire sauf peindre puisqu’on fait un springer...)

Ligne d’arbre

La pose de la ligne d’arbre est (très) légèrement plus compliquée : une pièce de bois (la quille d’étambot) épousant la courbe du fond est coupée horizontalement en deux morceaux pour y insérer le tube d’étambot, lequel dépasse à l’intérieur de la coque par un trou percé dans le fond. Deux flasques en bois d’1mm viennent prendre tout ce petit monde en sandwich et immobilisent définitivement ces pièces entre elles. Du côté de l’hélice, deux petites découpes (ou même ponçages) permettent un meilleur écoulement de l’eau pour une efficacité accrue de l’hélice. Mais ceci n’est pas obligatoire...

Peu importe si le trou percé dans le fond de la coque pour le tube d’étambot est trop grand ou mal centré : la largeur de la quille d’étambot permet de n’être que « peu précis »... Un petit cadre collé autour du trou à l’intérieur, et rempli de colle (Stabilit Express), scelle le tube et rempli les vides !

Le pont

Le pont (enfin, heu..., la planche) qui ferme le springer... comme une boîte à chaussures ! On distingue bien sur ces photos, le pourtour extérieur, le cadre intérieur, et le joint mousse d’étanchéité sur le pourtour de la coque. Remarquez qu’il s’agit là d’une entorse à la version "officielle" : c’est ma vision du pont amovible, permettant un accès total à l’intérieur de la coque. Un tout petit peu plus de travail, mais un incomparable confort à l’usage ! Déconseilleé cependant pour jouer au water-polo : dans ce dernier cas, il FAUT une coque avec un pont collé !

Voilà, le springer est prêt... Enfin, presque ! Il reste à fabriquer... tout ce qui dépasse du pont ! Cela peut être... heu... n’importe quoi, dans le sens de "ce que l’on veut" ! Cela peut même être "rien" ! On peut s’arrêter ici si on veut : on a une coque, les "butoirs", et... c’est tout...

Le premier springer que l’on fait représente en général quand même "un bateau", de manière à être un tant soit peu "dans le moule" du modélisme naval... Mais il est devient vite évident qu’il est impensable de se prendre au sérieux quand on touche aux springers... Voici donc le genre de springer que l’on réalise pour entrer de plain pied dans ce monde :

Mais il est bien plus amusant de faire, et surtout de regarder les réactions des gens lorsqu’ils voient.... ceci :

Je reviendrai sur ce modèle dans un autre article, car il n’est pas que "gag", mais aussi très technique, tant au niveau propulsion, qu’équipement "spécial" !

Je vous montrerai aussi un autre modèle, traité dans le genre "maquette" (donc très précis et détaillé) et équipé d’animations moins habituelles (telle une cabine montante), mais j’y travaille encore... il est inspiré de celui-ci


Un rappel de la Class Springer
-  dimensions 46cm x 20,5cm, poids mini. 3,85 Kg
-  safran de gouvernail max. 25cm²
-  hélice max. 40mm, max. tripale
-  moteur 6v, équivalent Speed500, réducté 3/1

Le plan proposé en téléchargement ici à droite, reprend également la disposition et les dimensions des arrêts de porte (modèle US) propres à la pratique du Springer Ball. Ces arrêts de porte sont difficiles à trouver en France et en Belgique

Le modélisme naval, ce n’est pas "simplement" ces bateaux de tous types, que l’on tente au mieux de faire ressembler à un bateau existant ou ayant existé. Certains sont spécialistes de ce type de modélisme, demandant rigueur, précision, et surtout énormément de documentation. Mais tout le monde n’a pas nécessairement la patience, la technique, voire le budget pour arriver à un résultat qui leur plaira, certes, mais que d’autres jugeront à peine acceptable, sans se priver de faire remarquer les "erreurs de fabrication", les "non-conformités" des accessoires ou de couleurs etc... Cet article ne s’adresse pas à ces "juges de concours"...

Un site comme Navimodélisme RC est là pour aider tout un chacun à "se lancer" ou à "se perfectionner", en expliquant en termes clairs, des trucs, astuces, techniques de construction etc, permettant au plus grand nombre, quel que soit le niveau de compétence atteint, de comprendre la façon de procéder et de réaliser le bateau de ses rêves...ou plus prosaïquement, de son choix !

Personnellement, bien qu’au fil du temps je me sois équipé de machines permettant de faire plus vite mais pour plus cher ce que l’on fait presqu’aussi bien à la main, beaucoup moins vite mais beaucoup moins cher, j’aime en outre me faire plaisir à construire des modèles réduits de bateaux radiocommandés, sans me prendre la tête. Et avec un budget réduit grâce à des matériaux de récupération si possible. Et là, il faut avouer que je suis tombé sous le charme d’un type" de bateau extraordinaire ) ! !

Je vous propose donc, grâce à une série d’articles, de découvrir le Springer (si tant est que vous ne le connaissiez pas encore...).

Il s’agit plutôt d’une forme de coque que d’un bateau, je dirais même qu’il s’agit d’une philosophie ! Venu des Etats-Unis, ce "phénomène" est justement ce qui permet à tout le monde, de 7 à 77 ans, de fabriquer son modèle, unique, réaliste ou fantaisiste, peu importe : les dimensions et la forme de la coque (ultra-simple !) sont les mêmes pour tout le monde, mais tout ce qui se trouve au dessus du pont est totalement libre ! Pas de contrainte d’échelle, de forme, de respect d’accessoires ni de couleurs : la liberté totale de faire n’importe quoi, le but étant de se faire plaisir !

La "Springer Class" est même un jeu de water-polo où deux équipes de 3 Springers jouent à la ba-balle, en essayant de pousser cette dernière dans le but adverse. Fou-rires garantis, chocs incroyables entre les bateaux, et au final, bonne humeur générale sont toujours au rendez-vous !

Actuellement, plus aucune expo ne montre au moins un Springer... Même des modélistes traditionnels et expérimentés se laissent convaincre (en attendant de se laisser tenter...) : Albertus en personne a vidé les batteries d’un de mes springers lors du Ramma 2011, tant il savourait la maniabilité et la jouabilité (voire l’insubmersibilité !) de ce qu’il appelle un "Bidule"

Voici la forme de la coque d’un springer standard. Vous constaterez qu’Il existe autant de springer que de fonctions qui leurs sont assignées : des simples, des petits, des qui-ne-ressemblent-à-rien, des très gros à la limite confortable...

Une autre forme de coque, à fond plat. Encore plus facile à construire, plus stable, mais moins hydrodynamique. Je vous en reparlerai...

Comment s’amuser à jouer après s’être amusé à construire... Au passage, remarquez l’âge moyen des gamins qui s’amusent...





La pose du moteur impose un support : deux pièces de bois épousant la forme du fond et reliées par une plate-forme sur laquelle le moteur sera fixé, et le tour est joué ! Le tout est d’assurer un bon alignement entre le moteur et la ligne d’arbre. Un cardan permet cependant de corriger un ou deux mm « d’erreur » sans problèmes, n’oublions pas que c’est un springer... Il pourra aussi servir de « fusible » le cas échéant...

Le gouvernail est assemblé comme la quille d’étambot, en prenant la mèche (une tige filetée) mise en forme pour éviter son glissement, en sandwich entre deux pièces de bois carrées. La "queue de saumon" en bout de safran est bien visible. J’ai choisi de guider le gouvernail par un plat d’alu vissé dans la quille d’étambot, cela consolide le tout en cas de choc... mais ce n’est pas indispensable ! Au fait, pourquoi une tige filetée au lieu d’une corde à piano ? Tout simplement parce je suis écolo, et que la graisse sera ainsi "emprisonnée" entre le tube et les filets de la tige filetée ne finira pas dans le lac ! ...Oui, bon, j’avoue, c’est en fait uniquement pour garantir l’étanchéité parce que ce système est tout simplement naturellement vraiment beaucoup plus efficace, les poissons et les touristes se chargent très bien tout seuls de transformer le lac en une merdouille sans l’aide de mon millimètre cube de graisse ...

Le tube de jaumière passe par un bloc de bois qui l’immobilise totalement, et débouche au-dessus du niveau de flottaison par précaution lorsque le springer est à quai... La graisse dans le tube empêche cependant la remontée de l’eau, sachant que le cul du springer est souvent complètement sous eau quand on s’amuse... La liaison avec le servo est des plus élémentaires, la position de ce dernier est à choisir à l’opposé de la batterie de réception pour l’équilibre (ou du récepteur en cas d’utilisation d’un variateur « BEC »). Il ne faut pas trop se soucier de l’équilibre : la forme de la coque supporte un différentiel gauche/droite de plusieurs dizaines de grammes sans broncher !...

Le variateur pourra être lui aussi basique : robuste, bon marché, sans fioriture. J’ai cependant utilisé un surplus de mes stocks : il est plus que largement dimensionné et résistera à tout ce que le moteur pourra lui imposer ! Son choix est totalement libre, tant qu’il comporte une marche arrière, et supporte 20A sous 12V voire 7,2V.

La coque présentée ci-dessus est un modèle « standard », sans modifications des données « officielles ». Le moteur de visseuse (12 V à l’origine) est alimenté par un pack Ni-Mh de 7,2V (en fait, deux en parallèle), et est relié en direct (via un cardan toutefois) à la ligne d’arbre unique équipée d’une hélice laiton tripale de 35mm. Le safran est un carré de bois équipé de sa « queue de saumon » et est contrôlé par un servo standard. En bonus, on distingue en outre un pack de piles supplémentaires pour l’éclairage de la cabine et des feux de route sur ce springer lors des expos, et une gueuze de plomb en arrière du moteur pour le lestage de la coque.



Je vous propose de commencer cette nouvelle série d’articles consacrés à ces engins par un autre springer, mélangeant sans honte deux genres diamétralement opposés : bateaux de travail et vedette de luxe !

C’est justement cela, "l’esprit springer" : sérieux s’abstenir ! On est ici pour se faire plaisir avant tout... Voici donc l’accouplement improbable entre un pousseur américain (un springer) et une vedette de luxe italienne (un Riva), voici le "Spriva" :

Mais on verra cela... dans le prochain article de cette série !...

Voici le plan de base de la coque d’un Springer. Pour les superstructures, on fait ce que l’on veut. Ce plan est le plus complet que j’ai trouvé sur le web... Mais je ne sais plus le nom de son auteur.
Qu’il en soit remercié... et félicité