Navimodélisme RC - Webzine de modélisme naval radiocommandé

vendredi 15 décembre 2017

Accueil Modèles et Kits Voile radiocommandée Vapeur Plans et documentation Radio et équipement moteur Techniques de construction Nouvelles et revue de presse Galerie de photos
  Contact  |  Liens  |  Agenda  |  Plan du site  |  Groupe de discussion  

Construction d’une coque en bois

Construire une coque, c’est facile -3

Albertus

Nous partons du principe qu’il s’agit de construire une coque d’après un plan, et non d’après un kit. Dans ce dernier cas, il faut privilégier les explications fournies avec la boîte et dont la justesse dépend du sérieux de la marque du kit en question. En effet, le pire et le meilleur sont proposés en kit sur le marché... et plus souvent du pire que du meilleur.

De plus, la tendance des kits sérieux est de passer au coques fournies en ABS, le bois étant réservé au pont et aux différents roofs, quand il n’est pas simplement absent et remplacé par l’ABS. Des marques sérieuses en sont là, comme BillingBoats, DeansMarine, ModelBoats...

Mais revenons à notre plan et notre construction bois.

La recopie des couples sur le bois

Il s’agit d’obtenir sur le ctp prévu pour les couples le traçé EXACT des couples à découper.

Les méthodes :
-  Le calque : dans ce cas, nous décalquons le plan avec du papier calque, en nous souvenant des remarques dans le premier article à propos de la symétrie des couples ; puis nous reportons le dessin sur le ctp au moyen d’un papier carbone. Attention à bien maintenir le calque à plat en l’empêchant de bouger pendant le décalque ou le report !
-  La photocopie : dans ce cas, tous les éléments du plan à reporter sur le bois passent par la photocopieuse. Les photocopies obtenues seront collées sur le bois à l’aide d’une colle en bombe, surtout pas une colle à base d’eau qui déformerait le papier.
Les photocopieuses sont rarement réellement 1/1 : certaines agrandissent ou réduisent légèrement sans qu’on leur demande. De plus, elle déforment généralement en étirant la copie dans le sens du déplacement du chariot. En conséquence, nous utiliserons pour tous les éléments du bateau la même photocopieuse en plaçant chaque fois le plan dans le même sens. Les remarques relatives à la symétrie sont en vigueur ici aussi (pliage de symétrie etc). Avantage de la photocopieuse : son format (A3) et sa possibilité de modifier l’échelle du plan original.
-  Le scanner : c’est exactement le même problème qu’avec la photocopieuse au point de vue déformation et orientation. Un scanner personnel est généralement au format A4, donc il faudra éventuellement réaliser un assemblage des morceaux scannés, ce qui est un handicap.
Par contre, en scannant en très haute résolution (1200dpi pour le 1/1) on obtient un fichier qui peut être  vectorisé  à l’ordinateur et qui dès lors peut être agrandit ou réduit en conservant l’épaisseur des traits identique. Cela sous entend l’emploi d’un ordinateur performant et d’un programme de vectorisation automatique (par exemple Illustrator)

Adaptation des couples

Le principe de construction qui va être développé ici est celui appelé communément "quille en l’air". En fait, il s’agit de fixer la structure de la coque à l’envers sur une planche de chantier, car ainsi on est facilement assuré de l’alignement des couples et de leur maintient par rapport à la quille. Ensuite la pose des bordages est facilitée.

Chaque couple va être fixé tête en bas, en place sur un chantier.

Le chantier de construction est constitué d’une planche rigide, de dimensions un peu plus grandes que les dimensions du bateau. Pour sa rigidité, sa planéité et son faible coût, on peut privilégier un morceau de panneau aggloméré de 18mm d’épaisseur.

Personnellement j’utilise un aggloméré stratifié pour meubles, blanc, disponible en 18mm, dimension 30 ou 40 cm sur 120 ou 140 cm.

Une ligne longitudinale y est tracée bien au milieu, ainsi que des lignes perpendiculaire et parallèles entre-elles, au niveau de chaque couple, les distances inter-couples étant relevées sur le plan. Devant chaque ligne de couple, je colle un tasseau de 20x20mm sur ± la largeur de la planche.

Sur le dessin des couples, il faut avoir repéré la ligne de flottaison. A partir de cette ligne, on trace une parallèle à la flottaison, vers le haut du bateau, à une distance constante pour chaque couple, égale à la distance entre la flottaison et le pont au maître couple + 3 ou 4 cm, et on dessine deux pattes au dessus des barrots de pont. Pas facile à expliquer mais avec un dessin on comprend immédiatement :

Installation du chantier

On peut visser les lattes sur le chantier puis y visser les allonges des couples, mais je trouve cette méthode lente et malaisée.

Ma méthode : avec un pistolet à colle :
-  Les lattes de 20x20mm sont collées sur le chantier, le long de leurs lignes respectives de positionnement, avec un pistolet à colle, en faisant coïncider les lignes de centre avec la ligne médiane du chantier.

Chaque couple est collé (par ses pattes) à sa latte, en vérifiant l’équerrage vertical, et en soignant parfaitement l’alignement médian avec la ligne médiane du chantier.

La quille est positionnée dans ses encoches, son enfoncement dans les couples est vérifié d’après le plan, mais elle n’est pas encore collée.

Le bord des encoches des couples est marqué soigneusement sur la quille à chaque couple. La quille est alors enlevée, et en se servant de ces marques, la râblure y est dessinée et tracée, en se référant au plan pour le brion et l’étrave. Après avoir creusé la râblure (au cutter ou au disque à tronçonner) la quille peut être collée en place sur les couples avec de la colle à bois D3.

Les lattes sont collées au chantier, les allonges sont collées aux lattes, les couples sont équerrée sur la râblure - 24.1 ko
Les lattes sont collées au chantier, les allonges sont collées aux lattes, les couples sont équerrée sur la râblure


Les photos qui illustrent cet article sont reprises de différents articles déjà présents sur le site, dans les rubriques de différents bateaux présentés dont on détaille la construction. Car finalement, tout ce que je dis dans cette série "construire une coque c’est facile" a déjà été dit, et je ne fais ici que regrouper les différentes informations d’une même technique dans le bon ordre.

Les couples sont fixés sur le chantier, la "quille" (quille+étrave+poupe) est enfilée dans les encoches et collée en place après vérification des équerrages

La râblure est creusée de façon à affleurer les pieds des couples

On installe de part et d’autre de la quille les premiers bordages (appelés galbords) en les insérant dans la râblure.

On couvre la coque de quelques lattes le long de la quille, puis on recommence à couvrir la coque à partir du niveau du pont.

Chaque fois en posant quelques lattes (le même nombre) à bâbord et à tribord

La râblure a été creusée également sur l’étrave, elle reçoit les extrémités des bordages qui ont été brochetés, de façon à ce qu’il y ait le même nombre de baguettes sur l’étrave que sur le maître couple (qui est le couple le plus large)

Je vous recommande la lecture de tout le site (un peu à la fois, mais même des bateaux qui ne vous attirent pas) en essayant de comparer les méthodes décrites, qui même si elles diffèrent dans le principe (et dans la facilité de construire juste) de ce que j’explique ici, ont permis aux modélistes qui les proposent sur NavimodélismeRC d’obtenir de belles maquettes.

La construction détaillée dans cet article traîte d’une coque "en forme", c’est à dire une forme arondie. Certaines coques, réalisées en panneaux, sont alors appelées "coques à bouchains vifs", nous en parlerons dans un autre article de la série ’c’est facile’