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vendredi 23 juin 2017

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Les techniques de base

Nœuds & Cordages

Albertus

Les nœuds ont, depuis l’origine, toujours été indissociables des constructions navales. Même les premières embarcations préhistoriques et les radeaux ont eu recours à cette technique d’assemblage. Mais avant d’aborder les nœuds, il faut parler des cordages avec lesquels on les réalise.

UN CORDAGE, C’EST QUOI ?

Voyons par exemple ce qu’en dit Wikipedia  :

- Cordage est un terme générique désignant les manoeuvres d’un bateau, reprenant grelins, amarres, filins, drisses, écoutes, haubans, etc. Le mot corde n’étant utilisé en marine que pour la corde de la cloche, pour la corde à ski (pour le ski nautique) et autrefois pour la corde qui servait à la pendre les marins condamnés.

Sinon, on dit un bout (prononcer le t final)

COMMENT FABRIQUE T-ON UN CORDAGE ?

Le commettage est l’action qui consiste à créer un cordage, en enroulant ensemble et sur eux-mêmes, trois ou parfois quatre brins, dans le sens inverse du commettage de chacun de ces brins. Les aussières sont commises une seule fois, à l’aide de 3 filins, ce qui leur laisse une certaine souplesse, les grelins sont composés de trois aussières commises ensemble, ils servent au remorquage ou à l’amarrage.

différents diamètres mais une même fabrication - 27.8 ko
différents diamètres mais une même fabrication

Au départ de la fabrication d’un cordage de chanvre, on part d’un fil obtenu par le filage du chanvre et appelé fil de caret, d’un diamètre compris entre 3 et 9 mm. Le fil de caret doit être constitué de fibres longues. Les déchets du filage donnent l’étoupe, utilisée entre autres pour le calfatage

Plusieurs fils de carets commis de droite à gauche donnent un toron Plusieurs torons commis de gauche à droite donnent une aussière Plusieurs aussières commises de droite à gauche donnent un grelin et plusieurs grelins donnent un câble. Les cordages sont le plus fréquemment faits à partir de 3 torons Ceux faits à partir de 4 torons en ont un cinquième qui sert d’âme axiale.

A l’époque les cordages étaient fabriqués d’une longueur de 195 m, d’où le terme encâblure. Une encâblure = 195 mètres. Certains câbles destinés aux ancres ( de 3,5 tonnes) pouvaient peser eux-même jusqu’à sept tonnes pour un diamètre de 65 cm.

Certains cordages sont goudronnée et ont ainsi une teinte marron, les cordages non goudronnés restent couleur de chanvre. En modélisme, le respect des couleurs est essentiel pour obtenir un aspect réaliste. La souplesse du cordage doit aussi être représentée. Nous aborderons les teintures et les mises en forme des cordages au fil des articles.


Quelques cordages fins :
-  le fil à voile fait de deux ou trois fils de caret, goudronné, sert à coudre les voiles aux ralingues. Sera donc toujours un petit peu plus foncé que la voile, quelle que soit sa teinte
-  le merlin fait 2 ou 3mm de diamètre. Pour des ligatures etc
-   la ligne, faite de 3 merlins commis, fait 9 à 12mm. rangée à bord en longueurs de 100 brasses (une brasse = 5 ou 6 pieds suivant le pays, un pied = +/- 30 cmdans des mannes en osier appelées "manoques"
-  le quarantenier est souvent goudronné. Il est constitué de 3 torons de 3 fils de caret. Il est d’un usage très courant, qui va des enfléchures à l’amarrage des haubans sur les cap de moutons en passant pas la drisse des pavillons, mais dans ce cas non goudronné.

Quelques gros cordages :
-  L’aussière qui a un diamètre compris entre 1 et 5 cm, goudronné ou non, à usage de drisse, d’écoute etc, est trois ou quatre torons de chacun cinq à six fils de caret
-  La ralingue est une aussière faiblement tordue, commise de gauche à droite . Ce cordage est cousu tout autour des voiles pour les renforcer, et c’est à ce cordage que sont fixée les différentes cosse auxquelles seront fixées drisses et autres écoutes.
-   le grelin est un gros cordage pouvant faire jusqu’à 30 cm de tour
-   le câble est encore plus gros, jusqu’à 60 cm de circonférence.

(source J-C Chazarain)


Les cordages utilisés en modélisme doivent IMPERATIVEMENT
-  être à l’échelle du modèle
-  être à l’échelle entre eux
-  présenter un aspect net
-  être commis dans le bon sens de rotation suivant leur usage
-  ne pas pelucher
-  être teintés correctement

Sur nos modèles, nous utiliserons donc différentes ficelles de coton de différentes grosseurs que nous utiliserons telles qu’elles, ou que nous commettrons à la demande au moyen d’une machine à commettre (un article décrivant une de ces machines est en préparation)

Le gréement d’un bateau est constitué de manœuvres dormantes et courantes. Les manœuvres dormantes sont pas exemple les différents étais qui une fois établis ne bougent plus, alors que les manœuvres courantes représentent tous les cordages servant à établir et à commander les voiles et leurs espars.

LES NŒUDS

Qu’est-ce qu’un nœud ? Quelle définition en donne par exemple La Rousse aux Petits Roberts ?

A quoi sert un nœud ? A attacher ? oui, mais pas seulement, et pas n’importe comment

Pourquoi y a-t-il autant de nœuds ? Parce que les nœuds ont différents usages, et qu’il y a donc plusieurs sortes de nœuds : des nœuds d’arrêt, des ligatures, des boucles, des nœuds d’ajut, d’amarrage, ....

Les noeuds sont utilisés partout, aussi bien à terre, sous terre, en l’air ou en mer à bord des bateaux. Au fil des prochains articles nous allons nous intéresser plus particulièrement à ceux-ci. Nous aborderons aussi les épissures et compléterons les nœuds décoratifs déjà traités sur ce site par Louis-Philippe

Photo Joël LINTZ http://lintz.chez-alice.fr

Afin de paraître réaliste, un modèle de bateau doit être le plus fidèlement possible conforme à la réalité. Cela sous entend un soucis de précision et de conformité de tous les éléments qui le constituent, et notamment les cordages présents sur le bateau et les noeuds utilisés. C’est un aspect trop souvent négligé par les modélistes qui fignolent par exemple parfaitement un râtelier à cabillots mais qui négligent absolument les cordages qui viennent s’y amarrer.

Non seulement les teintes, aspects, diamètres des ficelles utilisées doivent avoir été réfléchis d’après le vrai bateau, mais les noeuds utilisés doivent eux aussi être conforme à la réalité.
-  Pas question de coller une ralingue ou de la surfiler à la machine.
-  Pas question de fixer les enfléchures par des nœuds plats,
-  Pas question de faire un nœud de plein poing en place d’un nœud de chaise etc

La série d’article qui commence en ce début d’année 2008 aura pour but d’aborder les différents problèmes qui se posent aux modélistes navals soucieux d’authenticité, en ce qui concerne les nœuds et les cordages à utiliser.

Plusieurs dictionnaires des nœuds existent déjà en maints endroits, et certains sites en ligne proposent vraiment quelque chose de très bien fait. Différents articles ont été écrits par des spécialistes autrement compétents, tant sur papier que sur le web. Pas question donc de faire double emploi, mais plutôt de se servir de ces références en la matière pour réexpliquer les choses, en abordant les différents problèmes qui se posent à un modéliste naval sous un angle spécifique et avec des mots de tous les jours.

Les articles de cette série pourront être rédigés par différents rédacteurs, et d’ailleurs l’appel est lancé ; mais chaque fois nous essayerons de conserver une trame commune, un fil d’Ariane qui permettra au lecteur de s’y retrouver mieux, au modéliste débutant de mieux comprendre ce qu’il ne faut absolument pas faire, au modéliste confirmé d’obtenir un modèle de bateau devant lequel les gens s’arrêtent, aguichés sans le savoir par ces menus détails exacts qui font toute la différence.

Merci à Jipehel qui m’a donné l’idée de lancer cette série d’articles.

Merci d’avance aux différents auteurs qui se relayeront pour constituer cette banque de données de références. Merci aux sites spécialisés vers lesquels nous ferons parfois la liaison, merci aux éditions papier où nous puiserons parfois quelques lignes de texte. Nous ne pourrons pas créditer chaque fois leurs auteurs concernés, mais c’est avec un réel plaisir, si ils en font la demande, que nous les nommerons explicitement.

corde de chanvre

teinte spécifique d’un cordage de chanvre ayant vécu !

L’idée de cette série vous plaît ? On peut y développer des tours de mains, des astuces de teinture, de commettage etc

Vous seriez d’accord d’y participer ? Contactez moi