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mercredi 23 août 2017

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Amphicar

Amphicar : historique

Thierry Jorissens

AVANT-PROPOS

Albertus vous l’avait annoncé, je peux maintenant vous le confirmer : je vais vous présenter en détail au cours d’une quinzaine d’articles, mon dernier projet, qui n’est pas du tout similaire aux précédents, et qui s’éloigne très largement des springers de toutes sortes que j’ai présentés ces derniers mois : une Amphicar.

Après avoir réalisé des modèles de bateaux classiques (remorqueur, chalutier, yacht), après avoir fait un peu le tour des springers  ; et après avoir touché aux modèles ultra-détaillés et réalistes comme le goémonier L’Emeraude ou le gros R.M.T. Settoon , je voulais poursuivre dans cette voie de l’ultra-détaillage mais avec un modèle différent. Mon choix s’est finalement porté sur cette fameuse Amphicar.

Mais qu’est-ce qu’une Amphicar ? Et bien c’est ceci :

Pour vous faire patienter avant les articles suivants (qui pour cause de vacances ne paraitront pas avant plusieurs semaines...) voici deux photos de mon modèle réduit d’Amphicar terminé, construit à l’échelle 1/6e (il fait 72 cm) :


Prochain article : l’étude du modèle, et les solutions techniques retenues

HISTORIQUE

L’Amphicar a été imaginée par l’ingénieur allemand Hans Trippel à qui l’on doit plusieurs véhicules amphibies. Bien qu’au final elle fut un échec commercial (elle coutait plus du double d’une voiture contemporaine de même catégorie et son prix de production était exagéré, notamment parce qu’elle était construite à la main), il s’en est écoulé 3.878 exemplaires entre 1962 et 1968, ce qui fait de l’Amphicar la seule voiture amphibie civile de série jamais produite.

Il n’a existé qu’un unique modèle, "Amphicar 770", un cabriolet 4 places dont le look n’a jamais été modifié : seuls quelques légers changements ont affecté l’esthétique mais si on distingue plusieurs versions à l’heure actuelle, c’est plus dû à certaines rénovations interprétées librement par les propriétaires. Le "770" indique en fait les vitesses limites de l’Amphicar : 7 miles sur l’eau, 70 miles sur la route (11 Km/h et 110 Km/h). Il faut dire que Hans Trippel comptait sur les Etats-Unis pour "absorber" 20.000 Amphicar par an... L’histoire en a décidé autrement !

La voiture était une monocoque en acier, entièrement fabriquée en Allemagne. Seul le moteur venait d’un modèle existant, il s’agissait du 4 cylindres 1147 cm³ de la Triumph Herald. Ce moteur est installé à l’arrière (sur route, l’Amphicar est une propulsion) ainsi que la boite de vitesses, et les deux hélices sont entrainées par une transmission spéciale située sous l’assise du siège arrière. L’ensemble de la mécanique est donc très compact, et situé dans ce que l’on pourrait appeler une cale, fatalement étanche.

Une pompe de cale rejetait l’eau entrant inévitablement par l’habitacle ou les ouïes de refroidissement du capot, ou même les demi-arbres de transmission, par une sortie située à l’arrière droit juste sous le couvercle du capot. A l’arrière gauche, on trouvait le pot d’échappement, lui aussi fatalement en hauteur, en tous cas au-dessus du niveau de flottaison. Le coffre avant abritait principalement la roue de secours et le réservoir d’essence, ainsi que l’espace pour des bagages.

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Ce document est intéressant car il présente une vue en transparence de la technique. On constate le "tout-à-l’arrière" évident !

Un bouchon de vidange existait également au point le plus bas de la "coque", qu’il fallait impérativement installer et sécuriser par une goupille avant de naviguer... ce qu’avait "oublié" l’importateur lors de la présentation officielle de l’Amphicar à la presse américaine : il en a résulté que les 3 Amphicar flambant neuves avaient coulé devant les journalistes... Ce fut peut-être une des sources de l’échec commercial, outre le prix...

Il fut dit à l’époque que l’Amphicar n’était ni une bonne voiture ni un bon bateau, mais coutait, seul, le prix d’une bonne voiture ET d’un bon bateau équivalents... Pourtant, près de 50 ans après la cessation de la production, il en existe encore plusieurs centaines (parfois de véritables épaves, parfois de splendides restaurations totales), et on ne vend à l’heure actuelle aucune Amphicar en état "correct sans plus" à moins de 20 à 30.000 dollars... et jusqu’à 100.000 pour une Amphicar refaite à neuf (il existe encore beaucoup de pièces "NOS" (New Old Stock) permettant de reconstruire une Amphicar presque de A à Z). Une épave totale où une Amphicar est à peine reconnaissable vaut entre 5 et 10.000 dollars...

Pas mal pour un véhicule de 50 à 60 ans ni joli, ni efficace, et boudé à l’époque...

Si, si, une telle épave non seulement se vend, mais se vend cher !

Toujours est-il que le spectacle d’une Amphicar qui roule sur la route, et qui "entre" dans l’eau, pour ensuite naviguer tel n’importe quel bateau, puis "sortir" de l’eau et retourner par la route, est assez impressionnant et en tous cas unique en son genre (parlant d’un véhicule civil).