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jeudi 21 septembre 2017

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Construction d’un voilier classe 1m en stratifié d’époxy

Préparation de surface

Philippe Hémery

Nous voici arrivés à un stade des travaux qui va révéler le bateau par la qualité de la préparation, le choix du type de peinture, de couleur(s) et de pose.

L’ensemble n’aura pas d’incidence sur la marche du bateau, mais quel plaisir de faire naviguer un bateau qui marche bien et qui, en plus, est beau et admiré.

Pour arriver à ce résultat, ne nombreuses heures nous attendent. Mais avant d’attaquer la préparation proprement dite, il nous reste deux finitions à effectuer : la finition du livet de pont au niveau de l’étrave et pratiquer un biseau en haut du collage du livet de pont.

Pour la finition de l’étrave, je vais coller, contre celle-ci et les livets, des tasseaux de bois (samba ou ayaous pour les puristes, c’est l’autre nom), de manière à combler ce vide de support pour le pont au collage final (voir figure 1).

Pour ce qui est du biseau, j’utilise une petite ponceuse à disque avec laquelle je vais pratiquer un ponçage à 45° du stratifié de la coque et du livet. Cette opération à pour but d’offrir, au moment du collage final, une surface plus importante du stratifié de la coque à la colle. Ce biseau n’entamera le stratifié et le livet que de 1 à 2mm sur toute la longueur de la coque et de chaque coté.

Figure 2

Création d’un biseau entre le livet et le stratifié.

Ce biseau extérieur va permettre, au niveau de la surface de collage du stratifié, de passer de moins de 0,5mm à environ 2mm, ce qui est très important pour le collage final avec le pont au niveau de l’accrochage.

Préparation des surfaces

La préparation va se résumer à deux mots : poncer et enduire.

Poncer. L’époxy est très résistante et dure à l’abrasion. Le papier à poncer, même le meilleur, s’use vite. A nouveau, je vous conseille le papier de chez 3M (vendu par pochette de 3 feuilles), il est résistant à l’usure et ne s’encrasse pas. Cette dernière propriété est très importante pour un papier à poncer : il ne rayera pas plus que la taille de son grain.

En grammage, je vous conseille de vous munir de 120, 180 et 240. Le 120 sera utile pour le pont : sur les 2 arêtes de la cloison et les plats-bord, pour la coque : sur le tableau arrière ; le 180 et le 240 pour tout le reste : le 180 pour dégrossir et le 240 pour la finition. Pour la préparation du papier (j’en ai déjà parlé), je préconise la solution suivante : les feuilles font 28cm par 23cm, je découpe en 2 dans les 28cm soit 2 x 14cm, dans les 23cm je découpe à 8cm et à 16cm ce qui me donne au final 4 morceaux de 8cm par 14cm et 2 de 7cm par 14cm. Je les plie en deux (en marquant bien le pliage) et je pose un double-face fin de la pliure jusqu’au bord (Figure 3).

Pendant le moulage, la coque et le pont se sont recouvert en surface de démoulant. Celui-ci est toujours présent. De nature grasse, il se peut qu’il encrasse le premier passage de papier. Avec un objet pointu, il est facile de décoller du papier ces traces de démoulant.

Commençons, par exemple, par la coque. Je vais utiliser le 180 pour un bon déglaçage de la coque en appuyant avec les doigts bien à plat et en imprimant un mouvement circulaire avec une bonne pression. Pas de mouvements rectilignes, d’avant en arrière et de haut en bas, qui, eux, risqueraient de rayer en profondeur étant donné la nature du grain (180) qui est un grain moyen.

Je vais ainsi poncer toute la surface de la coque en changeant régulièrement de papier qui s’use relativement vite. Je poncerai de cette façon jusqu’à ce que la coque blanchisse. De fréquents coups d’aspirateur sur la coque (et le papier) me montreront les zones restées brillantes sur lesquelles il va falloir repasser.

Figure 4

Après un bon ponçage, la coque a blanchi.

Pour ce premier ponçage, relativement agressif, j’ai passé 4 heures et « usé » 4 papiers, 2 par demi-coque (ce papier est encore bon, ne le jetez pas, il est « devenu du 200 » !).

Déjà, vous pouvez remarquer, par endroits, sur la coque, des traces avec de nombreux points blancs correspondant aux zones où il y a eu, au moulage, moins de résine. Il est certain qu’en ayant commencé par une couche de gel coat, nous n’aurions pas tout ce travail, mais la coque serait alourdie d’au moins 150gr. Dans le cas présent, préparation de la coque avec enduit et peinture, le surpoids sera d’environ 50 à 70gr avec une peinture projetée (aérosol ou pistolet).

Je vais maintenant passer au papier de 240 en travaillant de la même façon (mouvement circulaire). L’objectif est d’éliminer toutes les rayures, visibles à l’oeil, engendrées par le 180 (Figure 5).

Ici, l’aspirateur sera encore plus solicité afin de bien voir le travail exécuté. Vous devez pouvoir supprimer toutes les traces laissées par le 180 et trouver une surface parfaitement lisse. J’y ai passé le double de temps.

Enduire

Ici, je vous conseille (et je vais utiliser) le Mixfil 10 comme charge pour l’enduit que je vais confectionner. Sa fiche technique (voir sur ), donnée par le constructeur, préconise de 24 à 30gr par 100gr de résine (+durcisseur). Si j’utilise le verbe « préconiser », c’est à juste titre.

En effet, ce produit que nous allons utiliser afin d’obtenir un état de surface parfait, est également utilisé dans le même but pour la finition des satellites (entre autres). Le besoin de précison de ces constructeurs n’est pas le même que le notre. Cette « préconisation » peut être adaptée, dans notre cas, sans conséquences dramatiques, en fonction de notre utilisation.

Tout cela pour dire que nous pouvons adapter le mélange aux impératifs de l’utilisation que nous alons en faire. En l’occurrence, nous avons besoin que le mélange soit suffisamment fluide pour bien pénétrer les petits défauts de surface, tout en restant assez compact pour ne pas couler sur les défauts plus gros. Un enduit trop épais ne remplira pas les légers défauts, et trop fluide, il coulera en trop forte épaisseur. Tout va être une question de dosage, quite à tester au fur et à mesure de la fabrication du mélange.

La dernière question à se poser est : enduire toute la coque ou se limiter aux zones « nécessiteuses » ? À mon avis, étant donné le risque d’oublier (ou ne pas avoir remarquer) certaines zones, la prudence enseigne de tout enduire.

Je sors tout l’outillage nécessaire : la petite bassine, la balance, la résine, le durcisseur, le Mixfill 10, la cale de carrossier (la plus petite), la latte pour remuer et 2 gants.

En enfillant mes gants, je réfléchis : combien de mélange résine/durcisseur et d’enduit ? Première décision : je vais me conformer aux prescription du fabriquant pour ce qui est du dosage de l’enduit. Si c’est trop liquide, je pourrai toujours augmenter. Combien de mélange ? Je sais par habitude que, de toute manière, je vais en faire trop. Mais il faut bien une quantité minimum pour réaliser le mélange : 10gr de résine ça fait 3gr de durcisseur ! et ça remplit à peine le fond du pot !

Je décide pour 50gr de résine, 15gr de durcisseur et une fois mélangés 18gr de Mixfill 10 ce qui va me donner un volume « maniable ».

Le mélange réalisé, je m’aperçois qu’il est tout à fait adapté à ce que je vais en faire : il n’est pas trop liquide tout en restant très onctueux. C’est parfait pour le travail que j’ai à faire.

Figure 6

Bien étaler l’enduit à la cale par zone.

Les figures 6 et 7 montrent bien la manière de procéder. La coque est, bien entendu, posée à l’envers et je travaille coté après coté, zone après zone. Avec ma cale de carrossier, je dépose sur une zone que je me suis délimitée (dans ma tête) une mince couche d’enduit. Dans un deuxième passage, la cale plus verticale, je vais lisser la partie que je viens d’enduire. Et ainsi de suite de bas en haut et de droite à gauche. J’ai passé un peu plus de 50mn sans que le mélange ne donne de signe de durcissement. Je pense avoir consommé entre 5 et 7gr, c’est vous dire l’état de mon pot : plein ! Que cela serve de leçon !

Une fois sec, je vais recommancer le ponçage avec du 240, en vérifiant que, sur la zone où je ponse, le papier ne s’encrasse pas, ce serait le signe que l’enduit n’est pas encore assez sec. C’est mon cas après environ 24h à 20°. Plutôt que d’insister et de rayer la surface que l’on ponce avec un papier encrassé, il faut laisser sécher 24h de plus.

J’en profite pour commencer le pont par l’avant et en utilisant la même procédure que pour la coque. Jusqu’à arriver au sommet du pont, la surface est relativement lisse et bien chargée ce qui ne laisse que très peu de zones à faibles épaisseurs de résine. Par contre, les 2 angles du montant de cockpit ainsi que les plats bords du cockpit seront à travailler avec un papier de 120.

Figure 1

Finition du livet de pont au niveau de l’étrave.

Figure 3

La préparation du papier à poncer. Sur la table : en sable le 240 et en vert le 180. Il ne reste qu’à les coller par l’intérieur au double-face.

Figure 5

Finition au 240 en mouvements circulaires.

Figure 7

Lisser cette zone à la cale. On peut déjà noter la différence de teinte avec la zone traitée. C’est la résine qui se dépose et va combler toutes les micros aspérités.